Le plan d’aide sur le carburant suscite la colère des agriculteurs

Image d'illustration. Tracteurs dans la rue pour la solidarité des agriculteursADN
Les agriculteurs expriment leur insatisfaction face au dispositif de soutien gouvernemental concernant le coût du carburant, estimant que les mesures proposées ne répondent pas suffisamment à leurs difficultés croissantes liées à la flambée des prix de l’énergie.
Tl;dr
- Le plan d’aide de 70 millions jugé insuffisant.
- Exonération du GNR : seulement 4 centimes de baisse.
- Mécontentement persistant des agriculteurs, actions à venir.
Un plan d’aide jugé insuffisant par les professionnels
Alors que le gouvernement a dévoilé un plan de soutien de 70 millions d’euros destiné aux agriculteurs, pêcheurs et transporteurs, la grogne ne faiblit pas. Ce lundi, le périphérique parisien a été le théâtre d’une nouvelle opération escargot, reflet d’un malaise profond face à la hausse du prix des carburants, dopée par le contexte de la guerre en Iran. Malgré ces annonces, nombre de concernés estiment que l’État n’apporte pas de réponse à la hauteur du choc subi.
L’exécutif refuse toute baisse des taxes sur les carburants
C’est là que le bât blesse : l’exécutif maintient son refus catégorique de réduire les taxes sur les carburants, lesquelles pèsent pour près de 50 à 55 % du prix à la pompe. Des discussions supplémentaires avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot, sont annoncées, mais pour l’heure, la ligne reste ferme. Selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure, interrogé lors du salon Global Industries, il s’agit avant tout de cibler ceux « qui en ont le plus besoin », jugeant qu’une aide généralisée serait coûteuse et peu efficace.
Des mesures spécifiques qui peinent à convaincre
Concrètement, une exonération du droit d’accise sur le gazole non routier (GNR), utilisé notamment dans les tracteurs agricoles, entrera en vigueur en avril. Son coût est estimé à environ 14 millions d’euros pour l’État ; cela représente une baisse limitée – « 4 centimes par litre », selon une source gouvernementale. Une goutte d’eau pour les représentants agricoles : certains dénoncent même « des miettes » face à une augmentation supérieure à 60 centimes depuis quelques mois. Le vice-président de la FNSEA, Luc Smessaert, s’est montré particulièrement virulent : « C’est du foutage de gueule », promettant au passage des actions si leur colère n’était pas entendue.
Voici comment se traduit ce malaise au sein des filières concernées :
- Agriculteurs : touchés aussi par la flambée des prix des engrais.
- Pêcheurs et transporteurs : durement impactés par les coûts logistiques croissants.
Tensions persistantes et risques sur la chaîne alimentaire
Du côté de l’industrie agroalimentaire, l’inquiétude monte également. Le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, redoute une répercussion rapide sur les industriels si la pression inflationniste perdure chez les premiers maillons que sont les agriculteurs. Malgré quelques ouvertures faites par Philippe Tabarot, évoquant une possible reconduction des aides au-delà du printemps si nécessaire, l’exécutif reste prudent en raison d’une situation budgétaire jugée bien plus délicate qu’en 2022 au moment du conflit ukrainien.
Entre aides ciblées et refus de toucher aux taxes sur les carburants, le gouvernement tente un équilibre qui laisse nombre d’acteurs économiques sur leur faim… ou prêts à durcir encore leur mobilisation.