Face à la hausse des carburants, le gouvernement envisage le chômage partiel : qui serait touché ?

Face à la flambée des prix à la pompe, l’exécutif envisage d’activer le dispositif de chômage partiel. Cette mesure viserait à soutenir certains secteurs ou entreprises particulièrement affectés par la hausse du coût des carburants.

Image d'un bouchon de réservoir d'essence fermement vissé, capturé au soleil.
Image d'illustration. Réservoir essence — ADN

Tl;dr

  • Le chômage partiel envisagé pour soutenir les entreprises en crise.
  • Mesures ciblant secteurs touchés par la hausse des carburants.
  • Coût estimé à 70 millions d’euros pour l’État.

Chômage partiel : le gouvernement se dit « prêt » face à la crise

En ce début de semaine, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a fait savoir que le gouvernement se tenait « prêt » à instaurer des mesures de chômage partiel. Ce dispositif d’urgence, susceptible d’être activé dès que nécessaire, cible en priorité les entreprises frappées de plein fouet par une baisse brutale de leur activité.

Celles-ci doivent cependant présenter un profil particulier : l’exécutif veut s’assurer qu’une fois la tempête passée, l’entreprise sera en mesure de repartir.

Secteurs les plus exposés : pêcheurs, routiers et agriculteurs en première ligne

Cette annonce intervient quelques jours après une conférence de presse marquant le lancement d’un vaste plan d’aides dédié aux secteurs les plus affectés par la flambée des prix des carburants. Parmi les bénéficiaires potentiels figurent notamment :

  • Pêcheurs, dont l’activité dépend directement du prix du gazole maritime ;
  • Routiers, confrontés à l’augmentation du coût du transport ;
  • Agriculteurs, qui voient leurs marges rognées par la hausse générale des coûts.

À noter que ces mesures viennent s’ajouter aux dispositifs déjà annoncés pour soutenir ces filières en difficulté.

Critères et conditions d’éligibilité au dispositif

Sur l’antenne de franceinfo, Jean-Pierre Farandou a précisé que le recours au chômage partiel ne serait pas automatique. Les entreprises concernées devront justifier d’une chute soudaine et directement liée à la crise actuelle. Autre exigence formulée par le ministère : il faut pouvoir anticiper un redémarrage rapide après la sortie de crise.

Un coût non négligeable pour l’État

Le financement de ce mécanisme pèse lourd dans les comptes publics. D’après les premières estimations, le recours massif au chômage partiel pourrait coûter jusqu’à 70 millions d’euros, une enveloppe déjà prévue au budget du ministère du Travail. Si le ministre se veut rassurant – « L’activité se maintient pas trop mal. Pourvu que ça dure. » – la prudence reste de mise, tant la situation demeure incertaine pour nombre d’entreprises françaises.

Les discussions restent ouvertes et pourraient évoluer rapidement selon l’ampleur et la durée de cette nouvelle crise économique.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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