La vente de vélos neufs s’essouffle : le marché peine à avancer

Image d'illustration. Velo atelier reparationADN
Les ventes de vélos neufs enregistrent une baisse notable, marquant un ralentissement préoccupant pour l’ensemble du secteur. Cette tendance met en difficulté fabricants et distributeurs, qui peinent à retrouver la dynamique observée ces dernières années.
Tl;dr
- Ventes de vélos en forte baisse en 2025.
- Le marché des VAE recule nettement.
- Fin des aides pénalise le secteur vélo.
Des chiffres en recul pour l’industrie du vélo
Les dernières données dévoilées par l’Union des entreprises sport et cycle (UESC) font état d’une situation délicate pour le secteur du vélo neuf en France. En 2025, le marché a généré seulement 1,86 milliard d’euros, ce qui correspond à une chute de 8,4 % sur un an. Mais c’est surtout la tendance de fond qui inquiète : pour la quatrième année consécutive, les volumes de vente dégringolent, atteignant à peine 1,84 million d’unités écoulées. Il faut remonter à 2021 pour retrouver près d’un million de ventes supplémentaires.
L’essoufflement des vélos à assistance électrique
Alors qu’ils avaient longtemps permis au marché français de tenir bon, les vélos à assistance électrique (VAE) semblent eux aussi perdre leur élan. En 2025, seuls 507 000 exemplaires ont trouvé preneur contre 738 000 trois ans plus tôt. Leur part dans les ventes totales s’affaiblit désormais à 54 %. Côté prix, rien ne bouge vraiment : le ticket moyen d’un VAE reste bloqué autour de 1 999 euros et celui d’un vélo neuf toutes catégories confondues à 1 014 euros. Pourtant, les revendeurs peinent toujours à écouler leurs stocks.
L’après « bulle Covid » et ses conséquences économiques
Ce retournement tient en grande partie à la fameuse « bulle Covid ». Après le confinement de 2020, on se souvient de l’engouement massif pour la petite reine : peur des transports en commun, envie d’air libre, développement soudain des pistes cyclables… Tous les ingrédients étaient réunis pour une envolée inédite des achats. Face à cette demande explosive, la production nationale a suivi, si bien qu’aujourd’hui près de 28 % des vélos sont assemblés en France. Mais voilà : un vélo ne se renouvelle pas chaque année et la dynamique s’est rapidement essoufflée.
Un secteur fragilisé par la fin des soutiens publics
Dans ce contexte morose, plusieurs facteurs aggravants pèsent sur l’ensemble des mobilités individuelles. Les difficultés économiques entraînent désormais une vague inquiétante de fermetures parmi les magasins spécialisés — un record selon l’UESC. Pour André Ghestem, directeur de la commission cycle au sein de l’organisation professionnelle, la suppression récente des aides publiques à l’achat de vélos porte un coup supplémentaire au marché. Il souligne que « L’État continue de subventionner massivement les voitures électriques, pour un coût bien supérieur à l’ancienne prime de 400 euros pour le vélo ». De quoi nourrir frustration et incertitude dans tout un secteur déjà sous tension.