En bref
- Les frais bancaires montent de 2,7 %
- La hausse dépasse nettement l’inflation
- Le débat porte aussi sur la transparence
Les frais bancaires grignotent un peu plus le budget courant. Ce sont souvent de petites lignes sur un relevé, mais mises bout à bout, elles finissent par compter, surtout quand elles progressent plus vite que le reste.
Ce qui augmente tout de suite sur votre relevé
Le poste le plus visible, c’est la tenue de compte. D’après l’étude annuelle du Comité consultatif du secteur financier, ces frais ont augmenté de 3,71 % sur un an, pour atteindre en moyenne 22,39 euros par an.
Ils couvrent la gestion du compte au quotidien, avec la maintenance informatique, la sécurité des données, l’accès aux services en ligne ou encore le traitement des opérations courantes. Rien de spectaculaire pris séparément. Mais comme il s’agit d’un coût récurrent, l’effet se voit directement pour les clients.
Les cartes bancaires suivent la même trajectoire, plus modérée. Les cartes internationales à débit immédiat progressent de 1,59 %, celles à débit différé de 1,57 %, pour un tarif moyen d’environ 45 euros par an. Les offres groupées, qui assemblent souvent carte, gestion du compte et assurances, ont elles aussi augmenté de 2,37 % entre avril 2025 et avril 2026.
Une hausse plus rapide que les prix, mais pas sur dix ans
Les chiffres publiés le 30 juin par l’Observatoire des tarifs bancaires, rattaché à la Banque de France, montrent une hausse de 2,7 % entre février 2025 et février 2026. Sur la même période, l’inflation générale n’était que de 0,9 %, et la hausse moyenne des autres services de 1,6 %.
L’écart est net. Et il s’ajoute à une précédente augmentation de 3,1 % l’an dernier. L’association CLCV évoque d’ailleurs une hausse moyenne de 3 % sur l’année en cours.
Mais la lecture change quand on élargit la focale. Sur dix ans, le rapport de l’OTB indique que les tarifs bancaires ont augmenté de 17,4 %, contre 22,1 % pour l’inflation. En gros, sur la décennie, les prix bancaires ont moins monté que le niveau général des prix. Ça relativise, pas l’effet immédiat sur le porte-monnaie.
Les banques se défendent, les associations contestent
La Fédération bancaire française estime que ces données confirment une trajectoire maîtrisée dans le temps. Elle avance des coûts plus élevés, en particulier pour les salaires et les investissements informatiques liés à la sécurité et au fonctionnement des services. Elle juge aussi que la dernière année porte encore un effet différé de la période post-Covid, avec un impact qu’elle considère limité pour les clients.
L’Unaf, de son côté, n’adhère pas à cette lecture. L’union rappelle que les cinq plus grands groupes bancaires français ont cumulé plus de 35 milliards d’euros de bénéfice net en 2025, malgré une surtaxe sur l’impôt sur les sociétés.
Autre point de friction, le manque de transparence sur les frais d’irrégularités et d’incidents de paiement. L’Unaf demande aux parlementaires une mission d’information transpartisane sur le rôle de ces frais dans le modèle économique des banques de détail. Et, dans ce climat, la sanction infligée en 2026 à Caisse d’Épargne pour des frais jugés injustifiés remet une question au centre, celle de la lisibilité réelle des tarifs pour les clients.