En bref
- Certains francs valent encore bien plus aujourd’hui
- Erreurs, rareté ou or font monter les prix
- Une expertise reste indispensable avant toute vente
Le franc a quitté les porte-monnaie, pas vraiment les maisons. Et ce n’est pas qu’une impression. En 2022, une étude de la Fondation Jean Jaurès indiquait que 27% des Français convertissaient encore les prix en francs pour se repérer. Ce réflexe dit aussi une chose très simple : pas mal de pièces et billets ont pu rester dans un tiroir.
Une monnaie sortie du quotidien, pas des tiroirs
Depuis le 18 février 2002, les francs n’ont plus de cours légal. Impossible, donc, de les échanger à la Banque de France. Mais au moment du passage à l’euro, le ministère des Finances estimait encore à 55 millions le nombre de petites coupures conservées par les Français, pour un total de 600 millions d’euros.
Résultat ? Deux décennies plus tard, une partie de cet argent dort encore probablement chez des particuliers, sans qu’ils sachent toujours ce qu’ils ont entre les mains.
Le défaut qui fait grimper la cote
La logique est connue des collectionneurs : une ancienne monnaie ne vaut pas seulement par son montant d’origine, mais par sa rareté, son état et parfois un accident de fabrication. Sur un billet, cela peut être un décalage d’impression, une coulée d’encre, un manque de couleur ou un problème de découpe. Sur une pièce, on regarde plutôt une surfrappe, un décalage de frappe, un flanc rogné ou un surplus de métal.
Ces exemplaires dits fautés sont recherchés justement parce qu’ils sont peu nombreux. Les billets les plus récents, ceux encore en circulation au moment du retrait du franc, restent en général modestement cotés, sauf s’ils sont neufs ou anormaux. À l’inverse, certains billets de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.
Quand le métal pèse plus lourd que la valeur faciale
Il y a un autre cas, moins sentimental et plus concret. Certaines pièces intéressent surtout pour le métal qu’elles contiennent. Si leur cote numismatique est faible, elles peuvent être revendues au poids, avec une valeur calculée selon leur composition.
C’est là que les francs or reviennent dans le jeu. À la mi-décembre 2024, l’or dépassait 80 000 euros le kilo. Pour des pièces frappées jusqu’au début du XXe siècle, la hausse des métaux précieux peut faire toute la différence.
Où vérifier avant de vendre
Avant de céder une pièce ou un billet, il vaut mieux comparer. Des sites spécialisés et des catalogues comme Le Franc ou Le Gadoury servent de base pour repérer une monnaie potentiellement intéressante. On peut aussi se tourner vers la Fédération française des associations numismatiques ou la Société française de numismatique.
Mais l’étape décisive reste l’expertise. Seul un professionnel peut authentifier et estimer précisément un objet. Cette démarche est souvent gratuite et sans engagement. Le plus prudent consiste à consulter au moins deux experts, pour éviter de vendre trop vite, et trop bas.
Le franc reste présent dans les têtes
Le plus frappant, au fond, c’est peut-être ça. En juin 2002, 79% des Français raisonnaient encore en francs. Ils étaient 43% en 2011, puis 27% en 2022. L’habitude reste particulièrement marquée chez les 35-49 ans, devant les 50-64 ans puis les plus de 65 ans.
Une vieille monnaie, donc, mais pas tout à fait un vieux sujet. Et pour ceux qui ont gardé quelques francs, la question n’est plus seulement nostalgique.