Isère : un enfant exclu de la cantine car refusant de manger de la viande
Dans un courrier émanant de la mairie de Pont-de-Chéruy, dans l'Isère, une mère de famille s'est vu notifier l'exclusion de son fils de la cantine scolaire au motif qu'il refusait de manger de la viande.
C’est dans un courrier daté du 15 novembre dernier et émanant de la mairie de Pont-de-Chéruy (Isère) qu’une mère de famille a appris que son fils de 8 ans, scolarisé en CE2, sera exclu de la cantine scolaire après les vacances de Noël. Motif : il refuse de manger de la viande. Entre autres repérée par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, la publication où cette maman partage la missive reçue informe ainsi que « depuis la rentrée scolaire de septembre 2019 [il a été observé que l’enfant] refusait de manger de la viande lorsque celle-ci était inscrite au menu ».
Refus de manger de la viande : la mairie rappelle qu’elle ne peut qu’en servir
Le courrier enchaîne en rappelant qu’un entretien avait eu lieu entre la mère de famille et le référent des restaurants scolaires municipaux sur la question. « A l’issu [sic] de cet entretien, il vous a été rappelé l’impossibilité pour la commune de ne pas servir de viande à votre enfant », poursuit la mairie à l’intention de la mère du garçonnet. Celle-ci a également « échangé sur ce sujet avec le Directeur Général des Services » qui lui a souligné comment fonctionnait le service de restauration scolaire et le rôle de ce dernier dans « la découverte du goût, l’approche de nouvelles saveurs », ainsi que dans le « lien social et de convivialité qu’il génère ». La décision d’exclure l’enfant de la cantine découlerait du refus maintenu de sa mère de lui faire manger de la viande.
Une plainte pourrait être déposée au pénal
Me Mohamed Djerbi, également président de la Licra (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) à Grenoble, a parlé d’un renvoi « ahurissant » et « aux motivations fallacieuses ». L’enfant n’aurait ainsi jamais demandé à ce qu’on lui serve autre chose que de la viande, qu’il ne mange effectivement pas : « On le sanctionne parce qu’il ne cède pas à la contrainte de manger de la viande ». L’avocat, qui est donc saisi de l’affaire, entend mettre le maire de la commune en demeure et réclame des excuses publiques. Me Djerbi se réserve le droit de saisir le tribunal administratif et de déposer une plainte au pénal si jamais cette exclusion était maintenue. Nos confrères rappellent que l’élu Alain Tuduri est connu des services de justice depuis de longue date. En 2010, il avait été condamné en appel pour discrimination raciale après avoir bloqué, entre 1998 et 2003, des dossiers d’acheteurs de biens immobiliers au motif de leur nom à consonance maghrébine. Le maire avait ensuite été relaxé avant d’écoper d’un sursis et d’une amende en 2015 dans un autre dossier.