En bref
- Grève nationale jeudi 5 novembre
- Écoles et transports très surveillés
- Une suite est déjà évoquée
Le jeudi 5 novembre, la contestation sociale doit franchir un cap avec une journée de grève et de manifestations qui réunira à la fois syndicats, salariés et Gilets jaunes. C’est la première fois depuis la rentrée que le mouvement vise aussi largement le public et le privé.
Une mobilisation élargie bien au-delà des cortèges habituels
Depuis un mois et demi, près de trois millions de personnes ont participé, au total, à l’une ou l’autre des manifestations, d’après la CGT. Son secrétaire confédéral Thomas Vacheron anticipe une journée très suivie et estime que la colère sociale n’a pas été entendue par le gouvernement et le patronat.
L’appel dépasse les seules organisations les plus mobilisées. L’intersyndicale lancée début octobre par la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU a été rejointe par l’ensemble des syndicats. La CFE-CGC, par la voix de sa présidente Christelle Thieffinne, confirme aussi sa présence au nom de la défense du pouvoir d’achat et du droit à la démocratie.
Les revendications, elles, sont larges. Hausse des salaires, défense de l’emploi, sauvegarde des services publics, meilleure répartition des richesses, pour les jeunes, les retraités et les salariés.
Transports, santé, banques, écoles : les secteurs déjà sous tension
La journée devrait toucher pas mal de secteurs. Les appels concernent notamment les transports, les banques, les mutuelles, l’enseignement privé, mais aussi les médecins et les pharmaciens.
Dans les transports urbains, l’intersyndicale estime qu’il faut passer à une nouvelle étape pour arracher des avancées sociales. Côté circulation, les prévisions de trafic de la SNCF et de la RATP doivent tomber mardi. Pour l’aérien, il faudra attendre mercredi.
Dans l’Éducation, des règles différentes selon les niveaux
Pour les familles, le point sensible reste l’école. Dans le premier degré, les professeurs des écoles doivent signaler individuellement à leur hiérarchie leur intention de faire grève dans les 48 heures qui précèdent. La date limite tombe donc le mardi 3 novembre.
Au collège et au lycée, la règle n’est pas la même. Aucune déclaration préalable n’est imposée, ce qui signifie que les élèves ne sauront vraiment que jeudi si un enseignant sera présent devant eux.
Et après jeudi, l’idée d’une suite circule déjà
La coordination des Gilets jaunes appelle de son côté à un « 5 novembre du peuple ». L’un de ses membres, Benjamin Ball, explique vouloir construire progressivement une convergence capable de créer un rapport de force face au gouvernement et aux milliardaires.
Pour l’instant, hormis Solidaires, les syndicats ne parlent pas clairement d’une reconduction au-delà du 5 novembre. Mais à la FSU, sa secrétaire générale Caroline Chevé juge déjà qu’une seule journée ne suffira pas. Les Gilets jaunes, eux, regardent déjà vers un possible Acte IV, avec blocages, grèves et manifestations annoncés pour les 6 et 7 novembre.