Parcoursup promis à la sortie, mais la colère lycéenne demeure

Le gouvernement promet de remplacer Parcoursup d’ici 2028 et annonce plusieurs mesures pour les lycées et le supérieur. Les syndicats jugent la réponse encore insuffisante.

Main de lycéen serrant la carte de France
Image d'illustration. Parcoursup pourrait changer d’ici 2028. — ADN

En bref

  • Parcoursup serait remplacé d’ici 2028
  • 28 élèves maximum dans certaines secondes
  • Les syndicats maintiennent la mobilisation

Le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre la fin de Parcoursup d’ici 2028, avec une première étape dès 2027, pour tenter de répondre à la colère lycéenne. Ces mesures ont été présentées après une rencontre entre Sébastien Lecornu et les organisations syndicales.

Parcoursup sur la sellette, avec un calendrier en deux temps

Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, ont acté la disparition de la plateforme d’orientation. Dans l’immédiat, il est question d’une évolution forte en 2027, puis d’un remplacement en 2028.

Philippe Baptiste a précisé que certains paramètres de Parcoursup ne peuvent pas être modifiés sans faire évoluer la loi elle-même. Le point compte, parce qu’il explique le choix d’un calendrier étalé plutôt qu’une suppression immédiate.

Classes, places, bourses, postes, travaux, le paquet du gouvernement

Le reste des annonces touche à la fois le lycée et l’après-bac. D’abord, les classes de seconde de la moitié des lycées les plus défavorisés seront plafonnées à 28 élèves.

S’ajoutent 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur à la prochaine rentrée, ainsi que la création de 920 postes d’enseignants. D’après une source de l’exécutif citée par AFP, ces places viseraient surtout les filières courtes, notamment les BTS et les BUT, ainsi que la santé.

Le gouvernement annonce aussi un plan de rénovation des lycées et des universités de 5 milliards d’euros. Côté vie étudiante, la bourse sera indexée sur l’inflation. Et ce n’est pas tout, une refonte du barème doit accompagner cette indexation pour rattraper les étudiants devenus non-boursiers, pour un coût de plus d’une centaine de millions d’euros.

Un débat à l’Assemblée, mais la mobilisation continue

Mercredi à 17 heures, l’Assemblée nationale doit tenir un débat sans vote sur l’avenir du processus d’orientation et d’affectation des lycéens dans le supérieur. Il se tiendra à la demande du gouvernement, sur la base de l’article 50-1 de la Constitution.

L’exécutif espérait calmer le front de la jeunesse avant la journée d’action du 31 octobre, dans le sillage des gilets jaunes, puis avant la journée nationale de grèves et de manifestations du 5 novembre appelée par les syndicats de salariés.

Mais les organisations lycéennes ne désarment pas. Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen, juge que certaines annonces vont « dans notre sens », tout en demandant des retours concrets du terrain avant de lever la pression. De son côté, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que les revendications portées par la jeunesse ne sont pas satisfaites à ce stade et appelle à « amplifier la grève en vue du 5 novembre ».

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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