Mobilisation lycéenne : ce qui peut encore se jouer mardi 13 octobre

Malgré des annonces du gouvernement, les organisations lycéennes maintiennent un nouvel acte mardi 13 octobre. Les discussions reprennent lundi.

Lycéen au mégaphone face à un 13
Image d'illustration. Les lycéens maintiennent l’appel au 13 octobre. — ADN

En bref

  • Nouvelle mobilisation prévue mardi 13 octobre
  • 3000 remplaçants annoncés dans les lycées
  • Les discussions doivent reprendre lundi

Le prochain rendez-vous est déjà fixé. Malgré les annonces faites jeudi par le gouvernement, les organisations lycéennes et l’intersyndicale étudiante et professionnelle appellent à un acte V mardi 13 octobre, pendant que de nouvelles discussions doivent encore avoir lieu d’ici là.

L’issue reste floue, entre retour en classe et poursuite des blocages. Mais le signal envoyé par les représentants de la jeunesse est net, la mobilisation n’est pas levée.

Un acte V maintenu malgré les ouvertures du gouvernement

Jeudi, après une journée de mobilisation nationale un peu moins suivie que les précédentes, l’intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de rassemblements et de grève le 13 octobre. Les représentants lycéens reçus par les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont eux aussi relayé cet appel.

Autrement dit, les échanges avec l’exécutif n’ont pas suffi à désamorcer la contestation. Et c’est bien ce qui compte à ce stade, le mouvement garde un calendrier propre, même pendant les négociations.

Des annonces concrètes, mais loin de convaincre tout le monde

Invité du journal de TF1, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé le déploiement de 3000 professeurs remplaçants dans les lycées jugés les plus en difficulté, dans les heures suivantes. Il a aussi assuré que la parole des lycéens, recueillie sur une plateforme de concertation ouverte depuis lundi soir, serait prise en compte, avec des amendements au projet de budget. Une promesse également reprise par Sébastien Lecornu sur X.

Sur le terrain syndical, l’accueil a été très mitigé. Louis Letoublon, du collectif Lycéens !, a jugé que seul le volet sur la démocratie scolaire était satisfaisant, ajoutant « intensifier le mouvement pour garder le rapport de force auprès du gouvernement ». Marius Mesnil, représentant de l’Union syndicale lycéenne, a dénoncé « quelques miettes » et continue de réclamer la suppression de Parcoursup. À l’inverse, Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen et adhérent de Renaissance, a salué quelques avancées.

Parcoursup et capacités d’accueil au centre de la prochaine réunion

Les discussions doivent reprendre lundi. Les ministres doivent retrouver les organisations pour travailler notamment sur la transparence de Parcoursup et sur les tensions liées aux capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur.

Édouard Geffray assure que le gouvernement veut avancer sans ligne rouge sur ces sujets. Il a aussi réaffirmé qu’aucune suppression de postes n’était prévue dans les lycées en 2027 et annoncé un renforcement de la représentation des élèves de la voie professionnelle dans les instances consultatives.

Une mobilisation moins forte, mais encore bien réelle

Les chiffres montrent un recul, pas un arrêt. Jeudi, le ministère de l’Intérieur a recensé 71 500 manifestants en France, dont 24 500 à Paris, avec notamment un rassemblement place de la Bastille.

Dans les établissements, le ministère indique qu’environ 96 % étaient ouverts à la mi-journée. Mais 157 lycées sur 3700 restaient fermés. Bon, la baisse de participation est réelle, mais le rapport de force existe encore. Lundi pour les discussions, mardi pour la rue, c’est là que la suite va se jouer.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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