Gilets jaunes : le 31 octobre se profile comme un nouveau test social

Une nouvelle mobilisation des gilets jaunes est annoncée pour le 31 octobre 2026, avec rassemblements et sit-in pour dénoncer un pouvoir jugé autoritaire.

Gilet jaune fendu par la carte de France
Image d'illustration. Le 17 octobre agrège plusieurs colères sociales. — ADN

En bref

  • Mobilisation annoncée le 31 octobre 2026
  • Sit-in prévus devant mairies et Assemblée
  • Les libertés publiques au cœur du mot d’ordre

Le prochain rendez-vous est déjà posé. Les gilets jaunes appellent à une nouvelle mobilisation le samedi 31 octobre 2026, dans un climat encore tendu autour du droit de manifester. L’idée, pour le mouvement, est claire, prolonger la contestation au nom de la défense des libertés publiques.

Une nouvelle date déjà fixée

Samedi 24 octobre, des représentants du mouvement ont annoncé ce qu’ils présentent comme un « troisième acte ». Le 31 octobre, ils veulent organiser des rassemblements et des sit-in devant l’Assemblée nationale, mais aussi devant les mairies en France.

Ce nouveau temps fort ne prend pas la forme d’un simple rappel symbolique. Les organisateurs cherchent à installer une présence visible dans plusieurs lieux de pouvoir, locaux comme nationaux. Et à montrer que la contestation n’est pas retombée.

Le droit de manifester au centre du discours

Le cœur de leur argumentaire tient en peu de mots, selon eux, les libertés sont attaquées. Les gilets jaunes dénoncent une dérive autoritaire du gouvernement, ainsi que ce qu’ils décrivent comme du mépris, un refus d’écouter, du mensonge et de la répression.

Cette prise de parole intervient après l’interdiction de nombreux cortèges en France le même jour. Pour Benjamin Ball et Azelma Sigaux, deux membres de la coordination, la journée du 31 octobre doit donc servir à défendre la liberté de manifester, mais aussi, plus largement, l’ensemble des libertés publiques.

Une stratégie d’union avec d’autres colères

Au-delà de la date elle-même, le mouvement cherche à élargir sa base. Benjamin Ball et Azelma Sigaux estiment que le pouvoir tente de diviser les oppositions en criminalisant leur mouvement, afin d’empêcher l’émergence d’un front commun.

Leur réponse, disent-ils, passe par l’union. Ils appellent à organiser partout dans le pays des assemblées de convergence réunissant notamment des retraités, des travailleurs, des lycéens, des paysans et des étudiants.

Pour Azelma Sigaux, la colère progresse dans plusieurs espaces à la fois, dans les lycées, les facultés, sur les ronds-points, dans les quartiers, dans les champs et sur les lieux de travail. Bref, le message est que la contestation dépasse désormais un seul milieu.

Une annonce faite dans un contexte déjà explosif

Cette annonce n’arrive pas dans le vide. Une semaine plus tôt, des violences et des pillages avaient secoué le pays, ce qui a pesé sur les décisions d’interdiction de cortèges prises ce samedi.

La conférence de presse s’est tenue devant un café de la place de la Bastille, à Paris. C’est là que devait initialement partir un cortège contre la vie chère, lié aussi à des revendications lycéennes. Le 31 octobre s’annonce donc comme plus qu’une date de plus, un test sur la capacité des mouvements sociaux à se rassembler malgré la pression politique et sécuritaire.

Morgan Fromentin

Spécialiste Société

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