En bref
- Gérald Darmanin veut des peines aggravées
- Le droit de vote pourrait être suspendu
- 217 personnes ont déjà été incarcérées
Le signal politique est net. À deux jours d’un nouveau rendez-vous des Gilets jaunes, Gérald Darmanin veut permettre aux juges de frapper plus fort contre les auteurs de pillages et de violences urbaines, y compris sur le terrain très sensible des droits civiques.
Le droit de vote placé dans la balance
Dans une circulaire adressée aux procureurs de la République, le ministre de la Justice demande une réponse pénale qu’il veut adaptée et efficace. Parmi les pistes évoquées, figure une possible privation des droits civiques et de famille, donc potentiellement du droit de vote.
L’idée avancée par Gérald Darmanin est la suivante. Lorsqu’une infraction révèle, selon la circulaire, une rupture avec le pacte républicain, le condamné pourrait être temporairement privé des droits attachés à la citoyenneté. Le texte souligne aussi que celui qui remplace les voies démocratiques par la violence se place hors des règles communes.
En déplacement, le garde des Sceaux a poussé cette logique encore plus loin en expliquant qu’il ne voyait pas comment quelqu’un s’en prenant aux policiers, aux gendarmes ou pillant des commerces pourrait ensuite exercer ses droits civiques lors des prochaines élections.
Une palette de sanctions plus large
Le durcissement ne s’arrête pas là. Le Parisien, qui a consulté la circulaire, relève d’autres sanctions que le ministre souhaite voir davantage mobilisées.
Il cite notamment l’interdiction de manifester, l’interdiction de détenir une arme, mais aussi l’impossibilité d’exercer certaines activités professionnelles, y compris dans la fonction publique. Une interdiction de séjour dans certains lieux fait également partie des options mentionnées.
Autre point, plus contemporain dans sa forme que dans son principe, un bannissement numérique pourrait être requis si des images montrant des menaces, des intimidations ou des violences volontaires contre des fonctionnaires remontent aux procureurs.
Un tour de vis avant le 24 octobre
Ce durcissement arrive juste avant l’acte II des Gilets jaunes, prévu samedi 24 octobre 2026. Des commerçants redoutent de nouveaux pillages et actes de vandalisme. Plus tôt dans la journée du 22 octobre, Emmanuel Macron avait déjà soutenu les interdictions de manifester décidées par les préfectures dans plusieurs villes.
Le ministère appuie aussi son discours sur le bilan des violences du week-end précédent. Depuis le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne, Gérald Darmanin a annoncé que 217 personnes avaient été incarcérées sur les 2 700 placées en garde à vue après les troubles survenus en France.
Le ministre a salué une réponse qu’il juge d’une fermeté sans équivalent. Il a aussi précisé qu’environ la moitié des détenus n’avaient pas de casier judiciaire, avec un profil souvent masculin, âgé de 18 à 25 ans, et pour la plupart inconnu des services de justice.
Reste un contexte plus lourd. Au 1er septembre 2026, les prisons françaises comptaient 90 020 détenus pour 63 348 places, selon les statistiques officielles du ministère de la Justice. Le débat sur les sanctions se joue donc aussi dans un système carcéral déjà saturé.