Commerces pillés, les aides promises par l’État se précisent enfin

Prêt à taux zéro, charges étalées, chômage partiel, futur fonds de soutien : le gouvernement détaille son plan pour les commerces touchés.

Vitrine brisée et feuille d’aides
Image d'illustration. Les aides promises se précisent enfin. — ADN

En bref

  • Prêts à taux zéro dès vendredi
  • Charges étalées pour commerces sinistrés
  • Jusqu’à 15 000 emplois concernés

Le gouvernement promet une réponse rapide aux commerces frappés par les pillages du week-end. Le point central, c’est un prêt à taux zéro ouvert dès vendredi 23 octobre 2026 pour tous les magasins sinistrés, avec un plafond de 50 000 euros.

Un prêt rapide pour relancer la caisse

Cette avance de trésorerie sera gérée par Bpifrance. À la sortie d’un conseil des entreprises exceptionnel à Bercy, Roland Lescure a indiqué qu’une simple déclaration de sinistre auprès de l’assurance suffira pour y avoir droit.

L’idée est claire. Permettre aux commerçants de payer les premières réparations, mais aussi de refaire les stocks. Ce point compte, parce que beaucoup venaient de se réapprovisionner pour Noël quand leurs boutiques ont été dégradées ou pillées.

Charges allégées et chômage partiel en renfort

Le prêt ne vient pas seul. David Amiel a expliqué que le fisc et l’Urssaf ont reçu pour consigne de mettre en place un étalement simplifié des charges fiscales et sociales pour les commerces touchés.

L’exécutif maintient aussi le chômage partiel déjà évoqué pour les entreprises de moins de 150 salariés. Les employés des commerces obligés de fermer percevront 60 % de leur salaire, une somme prise en charge par l’État.

Sur ce volet, Jean-Pierre Farandou a chiffré entre 10 000 et 15 000 le nombre d’emplois potentiellement concernés. Son estimation dépendra, a-t-il précisé, de la durée réelle des fermetures.

Des commerces très nombreux, un fonds encore à préciser

Le volume des dégâts donne la mesure du dossier. Selon Serge Papin, au moins 3 000 commerces ont été dégradés ou pillés en marge des manifestations de samedi contre la vie chère, puis dimanche soir. À elle seule, Marseille en compte près de 700.

Un fonds de soutien doit aussi compléter l’arsenal. Serge Papin a indiqué qu’il viserait a priori les commerces de moins de 50 salariés et qu’il prendrait en compte les pertes de chiffre d’affaires enregistrées depuis le 17 octobre. Les paramètres précis devaient être dévoilés en fin de journée.

Ligne dure contre les pilleurs, souplesse demandée aux tribunaux

Sur un autre front, David Amiel a affirmé qu’il ne pouvait pas y avoir de prestations sociales pour des pilleurs. Une circulaire demande aux administrations d’échanger plus vite leurs informations afin de déduire des aides versées les revenus tirés du recel.

Mercredi, Serge Papin et Gérald Darmanin doivent réunir les tribunaux de commerce et des activités économiques. Il leur sera demandé une attitude souple et bienveillante envers les entreprises fragilisées.

Le climat politique, lui, reste tendu. Patrick Martin, président du Medef, a accusé l’État d’avoir « été défaillant » face aux violences. Interrogé sur les commerçants tentés d’assurer eux-mêmes leur protection, Roland Lescure a rappelé que leur sécurité relevait d’abord de l’État, ajoutant « c’est notre rôle, pas le leur ». Cette séquence dit une chose simple, les aides arrivent vite sur le papier, mais leur efficacité dépendra maintenant de la mise en œuvre.

Morgan Fromentin

Spécialiste Société

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