En bref
- Le second tour est prévu le 2 mai 2027
- Le 1er-Mai alimente les craintes sécuritaires
- Le gouvernement peut encore modifier les dates
La date du second tour de la présidentielle 2027, fixée au 2 mai, suscite une contestation politique croissante. En cause, sa proximité immédiate avec les manifestations du 1er-Mai, dans un climat social déjà tendu.
Un calendrier déjà fixé, mais loin de faire consensus
Les dimanches 18 avril et 2 mai ont été validés le 1er juillet par l’exécutif, en conseil des ministres. Depuis, Bruno Retailleau et le Rassemblement national réclament un changement, estimant que tenir le vote au lendemain du 1er-Mai crée un risque inutile.
Le responsable de Les Républicains a dénoncé une date de « bordélisation » et plaidé pour un scrutin organisé dans le calme. Il dit redouter des exactions à la veille du vote et va plus loin en soupçonnant Emmanuel Macron d’avoir retenu ce calendrier pour avantager la gauche.
Pourquoi le 2 mai concentre autant de crispations
Le sujet dépasse la seule question des cortèges syndicaux. Le 1er-Mai, souvent très politique, intervient cette fois à quelques heures d’un vote national majeur. Et dans le contexte actuel, marqué par des manifestations à répétition et une forte mobilisation des forces de l’ordre, l’enchaînement inquiète une partie des partis.
S’ajoute une contrainte du code électoral. À partir du vendredi minuit précédant le scrutin, la campagne s’arrête. Plus de propagande officielle, plus de réunions électorales, plus de tracts, plus de sondages publiés, ni d’entretiens de candidats dans les médias. Résultat, toute tension la veille du vote serait plus délicate à absorber politiquement.
L’exécutif défend la participation, les opposants dénoncent le risque
Le choix du 2 mai n’avait pas été présenté comme politique, mais pratique. Un proche du chef de l’État expliquait alors que cette option permettait de placer le tour décisif un dimanche où deux zones sur trois ne seraient plus en vacances, la troisième revenant tout juste de congé. L’objectif affiché était simple, obtenir le plus de participation possible.
Mais ce raisonnement ne convainc pas tout le monde. Louis Aliot, proche de Marine Le Pen, a lui aussi protesté. Lors de la réunion des partis à Matignon, plusieurs participants ont fait savoir que la date du 2 mai n’était pas celle qu’ils avaient défendue auparavant. Dans le bloc central aussi, une parlementaire juge qu’il faudrait écouter ceux qui estiment que cette date peut dégrader le second tour.
Le gouvernement peut encore changer d’option
Sur le plan juridique, la marge existe encore. La Constitution impose que l’élection se tienne entre 20 et 35 jours avant la fin du quinquennat en cours, celui d’Emmanuel Macron ayant commencé le 14 mai 2022.
Deux scénarios étaient donc possibles, 11 et 25 avril, ou 18 avril et 2 mai. Aucun n’est parfait, car les vacances de printemps s’étalent du 3 avril au 2 mai selon les zones. Mais le gouvernement a encore quelques semaines pour trancher à nouveau. Le décret convoquant les électeurs doit être publié au plus tard dix semaines avant le scrutin, soit le 31 janvier s’il choisit finalement l’option d’avril.