La gauche face au casse-tête de la double primaire pour désigner son candidat à la présidentielle

Image d'illustration. Gros plan sur un nœud de corde robusteADN
La gauche multiplie les initiatives complexes pour désigner son candidat à la prochaine présidentielle. Plusieurs formations politiques envisagent d’organiser deux primaires successives, un processus inédit qui soulève déjà interrogations et débats dans le camp progressiste.
Tl;dr
- Le PS votera sa stratégie présidentielle le 9 juillet.
- Une double primaire est proposée pour unir la gauche.
- Consensus fragile, candidats et modalités restent incertains.
Un calendrier fixé pour trancher la stratégie socialiste
Après des semaines de débats internes, le Parti socialiste a désormais une échéance : les militants seront invités à se prononcer le 9 juillet sur la ligne à adopter en vue de la prochaine présidentielle.
Ce choix, qui déterminera l’orientation du PS face à la gauche plus large, intervient alors que le premier secrétaire, Olivier Faure, souhaite fédérer « de Ruffin à Glucksmann » selon ses proches. L’objectif ? Éviter que la gauche ne s’enlise dans des querelles intestines, à un moment où la montée de l’extrême droite paraît plus menaçante que jamais.
L’hypothèse d’une double primaire fait débat
Pour sortir d’une impasse qui divise profondément les rangs socialistes, une proposition émerge : organiser une double primaire. La première étape opposerait des figures du PS et potentiellement Raphaël Glucksmann, afin que les sympathisants de la gauche socialiste et social-démocrate désignent leur candidat. Le vainqueur accèderait ensuite à une seconde primaire ouverte au reste de la gauche dite démocratique et écologique.
Cette suggestion, présentée récemment par Olivier Faure lors d’une réunion avec une centaine de soutiens, vise à rassembler autour d’un processus plus inclusif — tout en restant compatible avec les attentes de partenaires comme Marine Tondelier. Cependant, difficile d’anticiper si cette voie saura rallier les courants adverses.
Candidatures déclarées et tensions persistantes
Déjà, plusieurs personnalités se sont positionnées pour participer à une éventuelle primaire hors-LFI prévue le 11 octobre : Marine Tondelier, mais aussi les députés Clémentine Autain, François Ruffin, et Benjamin Lucas-Lundy. Reste que l’absence annoncée de Raphaël Glucksmann, pour l’instant du moins, fragilise ce projet collectif.
Au sein même du PS, l’idée d’une primaire ne fait pas consensus. Les divergences ont culminé avec le départ de la direction du chef des députés socialistes, Boris Vallaud, fervent opposant à cette stratégie qu’il juge trop restrictive sans la participation de Glucksmann.
Candidats potentiels et incertitudes persistantes
Dans ce contexte mouvant, plusieurs noms circulent déjà pour cette possible primaire social-démocrate : outre Raphaël Glucksmann, on évoque le député Jérôme Guedj, officiellement candidat à la présidentielle, ou encore Boris Vallaud, voire l’ancien président François Hollande, qui n’a pas exclu un retour.
Mais rien n’est figé ; la question exacte soumise au vote des adhérents reste « extrêmement fragile et hypothétique », confie un cadre du parti. La voie vers une union efficace de la gauche semble encore longue et semée d’incertitudes.