En bref
- Le virus remonte dans les eaux usées.
- Les soins ne flambent pas encore.
- La vaccination vise d’abord les plus fragiles.
Il y a, en ce moment, un décalage assez net. D’un côté, le Covid-19 circule davantage dans les eaux usées. De l’autre, les passages aux urgences et les consultations en médecine de ville ne montrent pas, pour l’instant, d’emballement comparable.
Un signal qui monte, mais pas encore partout dans les cabinets
En France, l’automne 2026 s’accompagne d’une nouvelle poussée du virus. Après un pic observé en septembre, la situation s’est ensuite stabilisée, d’après le bulletin publié le 21 octobre par Santé publique France. Mais pour la semaine du 19 octobre, l’épidémiologiste Antoine Flahault constate que la présence du virus dans les eaux usées continue d’augmenter.
Ce contraste complique la lecture du moment. Les indicateurs suivis à l’hôpital et chez les généralistes restent stables, voire orientés à la baisse, alors que le signal environnemental grimpe. Pour Antoine Flahault, il est donc trop tôt pour affirmer que le pic de cette vague automnale a déjà été atteint.
Pourquoi les eaux usées sont scrutées avec prudence
La surveillance des eaux usées est un outil récent pour suivre une infection respiratoire comme le Covid-19. Sur le papier, l’idée est simple, chercher des traces du virus avant même que tout le monde ne consulte. En pratique, c’est moins linéaire.
Selon Antoine Flahault, il reste difficile de savoir si le signal actuel reflète fidèlement la circulation virale, s’il annonce une vague en train de se former, ou s’il arrive avec retard. Les prochaines semaines doivent donc servir de test grandeur nature pour mesurer la fiabilité de cet indicateur.
Les personnes âgées déjà plus exposées aux passages aux urgences
Pour l’instant, Santé publique France parle d’un impact faible sur le recours aux soins, avec une activité globalement stable en ville comme à l’hôpital. Mais un indicateur ressort quand même.
Entre le 12 et le 18 octobre, les données du réseau OSCOUR montrent une hausse de 17 % des suspicions d’infection au Covid-19 aux urgences chez les personnes de 75 ans et plus. Et certains départements apparaissent plus touchés que d’autres dans les données d’hospitalisations comparant les semaines du 5 et du 12 octobre.
Vaccination lancée, avec une priorité claire pour les publics fragiles
La campagne de vaccination a été lancée le 13 octobre 2026 par la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Sont pris en charge à 100 % les 65 ans et plus, les femmes enceintes, les personnes obèses, celles atteintes de trisomie 21, de troubles psychiatriques ou de démence, ainsi que les résidents d’établissements médico-sociaux ou de soins de suite. S’ajoutent l’entourage des personnes immunodéprimées et celui des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave.
Le vaccin reste surtout utile pour éviter les formes sévères et réduire le risque de Covid long. Les personnes hors cible peuvent aussi se faire vacciner, le vaccin étant fourni gratuitement par l’État. En revanche, l’injection reste à la charge du patient, avec une prise en charge variable selon qu’elle est réalisée par un médecin, un pharmacien, un infirmier ou un laboratoire. Il est aussi possible de recevoir, le même jour, les vaccins contre le Covid et la grippe.
Reste un point de fond. Pour Antoine Flahault, les rappels vaccinaux restent trop peu suivis en France pour freiner réellement la propagation du virus à l’échelle du pays.