En bref
- 1 000 lycées bloqués jeudi 1er octobre 2026
- Une absence en manif reste injustifiée
- Bloquer l’accès expose à plus lourd
Près de 1 000 lycées ont été bloqués jeudi 1er octobre 2026, selon le ministre de l’Éducation nationale interrogé sur France 2. Depuis le début de la semaine, des lycéens manifestent pour dénoncer le manque d’enseignants, l’insuffisance des moyens, des emplois du temps jugés intenables et, pour certains, l’état même de leur établissement. Quelques élèves disent avoir vu des rats dans les couloirs. Dans ce contexte, une question revient vite, pour les familles comme pour les élèves : que risque-t-on quand on ne va pas en cours pendant ces mobilisations ?
Un mouvement massif, avec des blessés
Le mouvement ne se limite pas à quelques rassemblements isolés. Le ministère a chiffré à près de 1 000 le nombre d’établissements touchés par un blocus pour cet acte 2.
Autre donnée, plus lourde, Edouard Geffray a indiqué que près de 170 élèves avaient été blessés. Le responsable n’a pas précisé dans quelles circonstances ces mineurs et néo-majeurs l’avaient été. En parallèle, des vidéos d’interpellations parfois violentes circulent largement.
Sécher les cours reste une absence injustifiée
Sur le plan scolaire, la règle ne change pas. Le devoir d’assiduité prévu par le Code de l’éducation oblige les élèves à assister aux cours. Participer à une mobilisation ne suffit donc pas à justifier une absence.
Résultat, l’établissement peut enregistrer une absence injustifiée. La sanction dépend alors du règlement intérieur de chaque lycée. Cela peut aller d’un avertissement verbal à une retenue. Pour une simple absence liée à la mobilisation, l’exclusion n’est pas la réponse attendue.
Bloquer un établissement change la nature des risques
Là, on n’est plus sur le même terrain. Empêcher l’accès au lycée expose à des sanctions disciplinaires plus lourdes, qui peuvent aller jusqu’à l’exclusion définitive.
Me Valérie Piau, avocate en droit de l’éducation, rappelait en 2023, lors des blocages contre la réforme des retraites, que « le fait de bloquer l’établissement est une atteinte aux activités d’enseignement et c’est un manquement à leur obligation d’assiduité ».
Quand les parents sont avertis, et dans quel cas ils peuvent payer
Dès la première absence injustifiée, les responsables légaux sont informés. À partir de la quatrième, la Direction académique des services de l’Éducation nationale, la Dasen, l’est aussi, avec à la clé une possible procédure de suivi.
Et si les manquements continuent, les responsables légaux d’un élève de moins de 16 ans peuvent recevoir une amende allant jusqu’à 750 euros. C’est le même niveau de sanction que pour des parents qui feraient manquer volontairement l’école à leur enfant pour partir en week-end.
Si le lycée est inaccessible, la situation n’est pas la même
Un élève empêché d’entrer dans un établissement bloqué n’est pas dans le même cas que celui qui choisit de sécher. Le mot blocus n’apparaît pas comme tel parmi les motifs légitimes du Code de l’éducation, mais l’autorité éducative peut apprécier d’autres motifs.
Le réflexe à avoir, bref, c’est de se signaler à la vie scolaire et de demander les consignes. C’est souvent là que se joue la différence entre une absence retenue contre l’élève et une situation reconnue comme subie.