En bref
- La prime pourrait baisser pour certains foyers
- Le gel de 2027 est confirmé
- Objectif, économiser 332 millions d’euros
Pour une partie des 4,5 millions de bénéficiaires, la prime d’activité pourrait diminuer sans que le salaire net augmente. Le gouvernement prévoit en effet de modifier son mode de calcul, en plus du gel annoncé pour 2027.
Un calcul revu, avec un effet direct sur certains foyers
Le changement tient à un point technique, mais ses effets sont très concrets. La part financée par l’employeur pour la complémentaire santé, la prévoyance ou la retraite supplémentaire serait désormais intégrée aux ressources du salarié pour calculer la prime.
Résultat, les revenus pris en compte pourraient monter alors que l’argent réellement touché chaque mois, lui, ne bouge pas. Et la prime versée pourrait donc reculer pour certains foyers. Le ministère du Travail admet une légère baisse pour une partie des allocataires.
Auprès de l’AFP, le ministère a aussi précisé qu’il ne prévoit pas de sorties de bénéficiaires liées à cette réforme. En revanche, il n’y aurait a priori pas de nouvelles entrées du fait de cette nouvelle règle.
Le gouvernement cherche 332 millions d’euros d’économies
Cette évolution s’inscrit dans la recherche d’économies pour 2027. Dans ses documents budgétaires, le gouvernement explique vouloir rétablir une forme d’équité entre les allocataires dont l’employeur finance ces garanties et ceux qui n’en bénéficient pas.
La mesure est présentée comme exceptionnelle et limitée dans le temps. Elle doit surtout contenir la progression des dépenses liées à la prime d’activité, avec une économie attendue de 332 millions d’euros en 2027.
Cette année-là, le coût total de la prestation atteindrait 10,7 milliards d’euros. Et ce n’est pas le seul tour de vis prévu, puisque la prime ne serait pas revalorisée en avril 2027 en fonction de l’inflation, contrairement au mécanisme habituel.
Une aide versée à 4,5 millions de personnes
Créée en 2016, la prime d’activité complète les revenus des travailleurs modestes. L’idée de départ reste la même, soutenir le pouvoir d’achat et encourager l’exercice ou la reprise d’une activité professionnelle.
Son montant varie selon la situation de chaque foyer. Les revenus des membres, la composition familiale, les prestations sociales perçues et le logement entrent dans le calcul. Selon la Caisse nationale d’allocations familiales, le versement moyen atteignait 190 euros par mois par foyer en 2024.
Le gouvernement rappelle aussi qu’une revalorisation est entrée en vigueur au 1er avril 2026. D’après ses documents budgétaires, elle a représenté un gain moyen de 50 euros par mois pour près de trois millions de ménages. C’est ce qui rend le changement annoncé d’autant plus sensible pour les foyers concernés.