En bref
- Mardi s’annonce très tendu à Paris
- Des adultes sont appelés à porter du blanc
- Le mouvement gagne aussi les universités
Mardi 6 octobre 2026 pourrait marquer un nouveau cap dans la crise autour des blocus lycéens. Après dix jours de heurts, les autorités redoutent une journée très difficile, surtout à Paris, où la mobilisation pourrait réunir entre 20 000 et 40 000 personnes.
Une journée sous haute tension
Le mouvement entre dans ce qui est présenté comme son « acte trois », avec le risque d’un nouvel affrontement entre des manifestants très jeunes et les forces de l’ordre. Matignon appelle à garder les revendications dans un cadre pacifique, tout en estimant que le mouvement a glissé vers des violences urbaines.
Sur Sud Radio, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a dit craindre un embrasement, notamment si des étudiants rejoignent davantage les cortèges. Le signal est clair, la tension ne se limite plus aux seuls lycées.
Pourquoi le blanc devient un signe de ralliement
Dans ce contexte, plusieurs responsables de gauche demandent aux adultes de venir avec un casque blanc ou un brassard blanc. L’idée, portée notamment par La France insoumise, est de s’interposer pour protéger les lycéens face à d’éventuelles violences policières.
Samedi 3 octobre, lors de la marche des fiertés, Jean-Luc Mélenchon a défendu cette initiative. Il a rappelé que ce type d’action avait déjà existé après la mort de Malik Oussekine et dans les années 1990, en jugeant que cela pouvait aider à apaiser la situation. Le député écologiste Pouria Amirshahi a lui aussi appelé les parents, et plus largement les adultes, à se tenir aux côtés des lycéens mardi.
Blessés, enquêtes et doctrine policière
Les chiffres officiels donnent la mesure du conflit. Depuis le début du mouvement, Matignon recense 215 élèves blessés. Selon les services du Premier ministre, l’immense majorité l’a été soit dans des accidents, soit du fait d’autres individus extérieurs.
En face, le ministère de l’Intérieur fait état de 715 policiers ou gendarmes blessés. Dix enquêtes de l’IGPN sont ouvertes. Vendredi 2 octobre, le ministre Laurent Nuñez a aussi indiqué qu’aucune consigne de retenue n’avait été donnée aux forces de l’ordre et qu’aucune consigne n’excluait l’usage des armements intermédiaires disponibles.
Lycéens soutenus, universités déjà touchées
Le mouvement reçoit aussi un appui syndical. Une intersyndicale de l’Éducation nationale a affiché son soutien aux lycéens. Sur TF1, Sophie Binet a assuré que les militants de la CGT seraient présents pour protéger les lycéennes et lycéens.
Et la contestation gagne le supérieur. Lundi, l’Union étudiante a recensé 32 sites universitaires bloqués. Selon la CGT, les forces de l’ordre sont notamment intervenues sur un site parisien de Sorbonne Nouvelle pour évacuer des étudiants qui occupaient le hall.