En bref
- Des blocus touchent des lycées dans toute la France
- Les élèves dénoncent manque de moyens et absences
- Le gouvernement et La France insoumise s’opposent frontalement
Le mouvement de blocus des lycées, lancé la semaine dernière en Île-de-France, s’est étendu à plusieurs villes de France ce mardi 29 septembre 2026. Cette date n’est pas neutre, l’Union syndicale lycéenne, l’USL, a appelé à des actions dans tout le pays pour faire converger la mobilisation avec la grève dans la fonction publique.
Un mouvement parti d’Île-de-France puis étendu
Au départ, les blocages portaient sur des problèmes très concrets dans les établissements. En Île-de-France, des élèves ont dénoncé des questions de moyens, de remplacement des enseignants, d’emplois du temps et parfois de conditions jugées insalubres.
Depuis lundi, le mouvement a gagné de nombreuses villes. Ce mardi, des dizaines de lycées sont bloqués un peu partout dans le pays. Le phénomène dépasse donc le cadre francilien, même si c’est là qu’il a commencé.
Ce que demandent les lycéens sur le terrain
Derrière les images de barrages devant les grilles, les revendications sont précises. L’USL met en avant un manque de moyens généralisé, des classes surchargées, parfois à 32 ou 35 élèves, et un manque de personnels dans les établissements.
L’organisation cite aussi l’absence d’infirmières scolaires, d’assistantes sociales et d’AED, les assistants d’éducation. Elle affirme qu’aujourd’hui, dans un établissement sur deux, les équipes d’AED peuvent manquer de la moitié de leurs effectifs. Elle évoque aussi des lycées sans professeurs de philosophie ou de français pendant les années du bac. Résultat, la contestation ne part pas de rien.
Deux lectures opposées du mouvement
Côté gouvernement, le ton est nettement plus dur. Laurent Nuñez a estimé lundi que ces actions ne relevaient pas d’un mouvement de contestation habituel, mais s’apparentaient à des violences urbaines. Plus tard, Édouard Geffray a repris cette ligne en jugeant que des groupes tentaient de détourner un mouvement lycéen classique par la violence.
En face, La France insoumise soutient les blocages. Manuel Bompard a salué la mobilisation lycéenne et a expliqué que, lorsqu’on partage les revendications d’un mouvement, il est logique de l’appuyer et d’appeler à son amplification.
Une mobilisation appelée à converger avec la grève
Le choix du 29 septembre donne une autre portée au mouvement. En se calant sur la journée de grève des agents publics, l’USL cherche à inscrire les revendications lycéennes dans une contestation plus large des services publics.
Pour l’instant, un fait s’impose. Au-delà de la passe d’armes entre Beauvau, l’Éducation nationale et La France insoumise, les élèves mobilisés mettent sur la table des sujets très concrets, ceux des conditions d’étude et du fonctionnement quotidien des lycées.