En bref
- Mardi concentre la mobilisation nationale
- Jusqu’à 500 lycées fermés lundi
- Des préfets interdisent certains cortèges
La semaine se joue d’abord sur une date, le mardi 6 octobre. Les organisations étudiantes et lycéennes maintiennent une mobilisation nationale, pendant que plusieurs préfectures durcissent les règles autour des établissements et que des centaines de lycées basculent en distanciel.
Mardi, point de fixation du mouvement
Pour les organisateurs, le rendez-vous central reste mardi. Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, a assuré sur France Inter que la mobilisation aurait lieu « quoi qu’il arrive ».
Des rassemblements sont déjà annoncés, notamment à Lille, Nice et Nantes. La journée sera aussi rejointe par la CGT et Solidaires. Une intersyndicale de l’éducation, avec la FSU, FO, la CFDT, l’Unsa et d’autres organisations, appelle également à participer, y compris par la grève.
Lundi, des centaines de lycées à l’arrêt
Dès ce lundi 5 octobre, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, annonce des cours partiellement ou totalement suspendus dans 400 à 500 lycées. Quand les cours sont maintenus, ils le sont à distance.
Le mouvement touche une large partie du territoire. En Île-de-France, plus de 160 établissements, soit un tiers des lycées, restent fermés lundi. S’ajoutent 34 lycées en Normandie, 14 dans le Nord, 14 dans le Val-de-Marne, 10 en Haute-Garonne et 28 en Seine-Saint-Denis. Le ministre justifie ces fermetures par des conditions de sécurité jugées insuffisantes, pour des raisons matérielles ou parce que des personnels ont été visés.
Ce que réclament les lycéens
Au départ, les revendications portent sur le fonctionnement de l’école. Les lycéens demandent plus de moyens humains et financiers pour l’Éducation nationale, dénoncent la pression de Parcoursup, l’absence de remplacement de certains professeurs, l’état des bâtiments et des emplois du temps trop chargés.
Des enseignants ont aussi soutenu le mouvement ces derniers jours, parfois en formant des chaînes humaines pour protéger les élèves lors de l’arrivée des forces de l’ordre.
Des préfets interdisent aussi des rassemblements
Sur le terrain, la réponse varie selon les départements. Dans le Val-de-Marne, les rassemblements devant les établissements fermés sont interdits jusqu’au retour des cours en présentiel. Dans le Puy-de-Dôme, les lycées publics et privés de Clermont-Ferrand et Riom passent à distance lundi et mardi, avec interdiction de manifestation aux abords des collèges et lycées concernés.
Le Nord interdit aussi des manifestations dans un rayon de 100 mètres autour de certains établissements. Même logique en Tarn-et-Garonne, autour de trois lycées de Montauban et Monteils. Les organisateurs d’une manifestation interdite risquent jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende.
Le débat se tend sur l’action policière
Le ministère de l’Intérieur défend l’action des forces de l’ordre. Laurent Nuñez a rejeté l’idée d’interventions disproportionnées et affirme que la police encadre les mobilisations pacifiques tout en stoppant les violences.
Le bilan, lui, alourdit le climat. Vingt-quatre établissements ont été incendiés ou saccagés, 78 personnels de l’éducation ont été blessés et plus de 1 700 personnes ont été interpellées vendredi, pour 5 000 sur l’ensemble de la semaine. Cinq enquêtes ont été confiées à l’IGPN.