En bref
- Les congés ne s’imposent pas au dernier moment
- Les heures perdues peuvent parfois être récupérées
- L’activité partielle bloque ce rattrapage
Quand une catastrophe naturelle empêche un salarié de se rendre au travail, l’employeur ne peut pas tout imposer. Les règles changent selon que l’activité reste possible, qu’elle s’arrête totalement, ou que l’entreprise choisisse l’activité partielle plutôt qu’un rattrapage d’heures perdues.
Quand le travail reste possible, l’organisation change
Premier cas, l’entreprise peut continuer à tourner. Dans cette situation, il ne s’agit pas forcément d’arrêter le travail, mais de l’adapter. Henri Guyot, avocat en droit du travail, cite par exemple les fortes chaleurs avec du travail en extérieur, où des horaires décalés peuvent être mis en place.
Autrement dit, si les conditions restent acceptables, l’employeur garde une marge pour modifier l’organisation. Mais cela ne lui ouvre pas automatiquement le droit d’effacer les règles sur le temps de travail ou les congés.
Deux cadres très différents si l’activité s’arrête
Si le travail devient impossible, deux dispositifs existent. Le premier, c’est l’activité partielle. Le code du travail prévoit alors, selon Henri Guyot, qu’un tiers du salaire est pris en charge par l’employeur, un tiers par l’État, et qu’un tiers reste perdu pour le salarié.
Point important, dans ce cas, les heures non travaillées ne peuvent pas être récupérées.
L’autre solution, c’est le mécanisme des heures perdues. Là, l’employeur peut imposer un rattrapage des heures manquées pendant l’absence liée à la catastrophe. Mais il y a des limites précises. Ce rattrapage n’est possible que si le salarié a touché l’intégralité de son salaire habituel. Et il reste plafonné à une heure par jour, huit heures par semaine, sur une période maximale de douze mois.
Congés payés : l’employeur ne peut pas décider seul au dernier moment
Sur les congés payés, la règle est plus nette. La loi interdit de les imposer sans respecter un délai minimum d’un mois. Or une catastrophe naturelle, par définition, tombe sans prévenir.
Du coup, si l’employeur propose de poser des congés et que le salarié accepte, c’est possible. En revanche, il ne peut pas les imposer à la dernière minute sur cette seule base.
Il existe une exception. Henri Guyot explique que l’employeur peut décaler des vacances déjà prévues. Il donne cet exemple : si la catastrophe commence le 10 alors que les congés devaient débuter le 14, l’entreprise peut imposer un départ avancé au 10.
Le cas des feux en Gironde éclaire une règle plus large
Les incendies en Gironde ont relancé la question après l’évacuation de nombreux habitants, empêchés de se rendre physiquement au travail. Le sujet s’est notamment posé chez La Poste, où un rattrapage des heures non effectuées aurait été envisagé.
Dans ce contexte, certains salariés étaient déjà en vacances, ce qui ne changeait rien pour eux. Pour les autres, si le salarié refuse de poser volontairement des congés, l’entreprise peut basculer vers l’activité partielle ou vers les heures perdues. Et parfois, rien n’est enclenché, le salarié conservant son salaire sans compensation des heures manquées.
Dernier point, moins connu. Si vous êtes en vacances dans une zone touchée et que vos congés sont écourtés, aucune règle n’oblige l’employeur à vous réattribuer les jours perdus.