En bref
- Dès le 1er octobre 2026, remboursement en pharmacie
- Seuls certains modèles respecteront des critères précis
- Les moins de 26 ans sont principalement visées
Le point qui change tout tient en un lieu, la pharmacie. À partir du 1er octobre 2026, le remboursement des culottes et coupes menstruelles ne sera possible que pour un achat réalisé dans ce circuit. Les achats sur internet ou dans les grandes enseignes de sous-vêtements ne seront donc pas pris en compte par la Sécurité sociale.
La mesure découle d’un arrêté du 6 août 2026, publié au Journal officiel le 7 août. L’objectif affiché par Stéphanie Rist, ministre de la Santé, est de lutter contre la précarité menstruelle. Elle disait vouloir faire « un choix clair : celui de la dignité, de l’égalité et de la santé pour toutes ».
Le remboursement existe, mais pas pour tous les modèles
Toutes les protections réutilisables ne seront pas concernées. Pour les culottes menstruelles, le cadre est précis, et même assez serré. Il faudra notamment proposer plusieurs tailles, dont une adaptée aux adolescentes de 12 à 14 ans.
Le produit devra aussi reposer sur trois couches minimum, avec une partie drainante au contact de la peau, une couche absorbante et une couche imperméable antifuite. La couche drainante devra être en coton biologique ou en lyocell. Pour le coton, le texte exige au moins 95 % de coton bio labellisé GOTS Organics ou équivalent, avec jusqu’à 5 % d’élasthanne.
Absorption, lavage, durée, les culottes devront tenir la route
Le seuil d’absorption fixé pour être remboursable est de 20 ml minimum. C’est un critère central, alors que la perte de sang pendant les règles se situe en moyenne entre 30 et 50 ml sur l’ensemble du cycle, et peut dépasser 80 ml pour les plus abondants.
Autre exigence, la capacité d’absorption devra rester identique au premier usage et après 52 cycles minimum. Les culottes devront aussi résister à un lavage d’entretien d’au moins 30 °C. Ces tests devront être menés par un laboratoire indépendant, selon un protocole documenté inspiré de la norme ISO 20158.
Pour les cups, matière médicale et double format obligatoire
Du côté des cups, le remboursement passera d’abord par la matière utilisée. Elles devront être fabriquées en silicone médical ou en TPE de grade médical. Les colorants et les additifs sont exclus.
Le fabricant devra en outre proposer deux contenances, une de moins de 20 ml et une autre comprise entre 20 et 30 ml.
Des plafonds de prix, et un public bien défini
Le prix comptera aussi. Une culotte menstruelle ne pourra être remboursée que si elle est vendue à 19 euros TTC maximum, avec un prix de cession hors taxes de 14,40 euros. À titre de repère, certains modèles se vendent déjà 14,99 euros chez Décathlon, 19,99 euros chez Undiz ou 27,90 euros chez Mademoiselle Culotte.
Pour les cups, le plafond est fixé à 15,80 euros TTC, avec un prix de cession HT de 12 euros. En moyenne, elles coûtent aujourd’hui entre 15 et 20 euros.
Qui pourra en bénéficier ? Les femmes de moins de 26 ans, avec un reste à charge qui pourra être couvert par une mutuelle. En cas de Complémentaire santé solidaire, la prise en charge sera totale, quel que soit l’âge.