En bref
- Six jours de congés perdus en moyenne
- La France cumule 34 jours disponibles
- Noël dépasse août pour les absences
En France, les salariés laisseraient filer en moyenne six jours de repos par an. C’est le paradoxe mis en avant par une étude de Deel, alors même que le pays affiche un niveau de congés parmi les plus élevés d’Europe.
L’enquête indique une médiane de 34 jours de congés, RTT comprises, pour les salariés français. C’est le total le plus élevé parmi les 23 pays étudiés, devant notamment l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, la Finlande, l’Inde, les États-Unis ou le Mexique. Pourtant, seuls 25 % des salariés en prendraient l’intégralité.
Six jours perdus, malgré un stock de congés très élevé
Dans les faits, les salariés en France prendraient 28 jours en médiane. C’est plus qu’en Suède, au Danemark ou en Allemagne. Mais ce volume reste inférieur au nombre total de jours disponibles, d’où ce niveau élevé de congés non pris.
Le décalage frappe, quand même. Le pays apparaît comme l’un des plus généreux en droits, mais aussi comme l’un de ceux qui les utilisent le moins complètement.
Un droit ancien, largement ouvert à tous les salariés
L’année 2026 marque les 90 ans des congés payés généralisés. En France, le gouvernement du Front populaire a étendu ce droit à tous les salariés en 1936, après un premier texte signé sous Napoléon III dès 1853 pour certains fonctionnaires.
Ce droit concerne aujourd’hui l’ensemble des salariés, qu’ils soient en CDI, en CDD, en intérim, à temps plein ou à temps partiel. L’étude rappelle ainsi une évidence un peu oubliée : avoir des jours de repos ne signifie pas forcément les poser tous.
Des Français plus absents que leurs voisins, mais pas au maximum
Avec 28 jours pris en médiane, les salariés français restent devant leurs voisins immédiats. L’Allemagne est à 26 jours, le Danemark à 25, la Suède à 24. L’écart est encore plus net avec le Canada, où 11 jours seulement sont posés en médiane.
Bref, la France ne manque pas de vacances sur le papier ni dans la pratique. Ce qui ressort, c’est plutôt une marge inutilisée, plus forte qu’ailleurs.
Août et Noël, les deux grands pics d’absence
L’étude décrit aussi le calendrier des départs. En France, comme en Italie, un tiers des salariés seraient absents en août. En Suède, les congés se concentrent surtout en juillet. En Allemagne, les départs d’été sont plus étalés et le taux d’absence ne dépasserait pas 20 %.
Le point le plus marquant concerne la fin d’année. La semaine de Noël serait celle où l’on pose le plus de jours en France, avec 56 % de salariés absents, contre 40 % lors de la semaine du 15 août.
Ces résultats reposent sur près de 160 000 demandes de congés validées, provenant de 17 500 salariés dans des milliers d’entreprises en Europe et dans le monde en 2025. Un angle utile pour lire autrement un vieux réflexe français : avoir des jours, et en laisser une partie de côté.