En bref
- 124 signalements en France entre 2021 et 2025
- Les défis pimentés touchent souvent des adolescents
- L’eau n’aide pas en cas de brûlure
En France, 124 personnes ont contacté un centre antipoison entre 2021 et 2025 après avoir mangé un aliment ou un plat très pimenté. Ce n’est pas massif, mais assez pour alerter, surtout quand un tiers des intoxiqués ont entre 10 et 15 ans et que 39 % des cas surviennent dans un contexte de défi.
Des signalements bien réels, surtout chez les plus jeunes
Le sujet a pris de l’ampleur avec des produits vendus pour tester ses limites. En Europe, six denrées commercialisées ont été retirées du marché depuis 2023 pour des teneurs trop élevées en capsaïcine ou un étiquetage non conforme. En France, tous les lots de la chips Hot Chip Challenge ont été rappelés en mars 2024.
Un cas a aussi marqué les autorités sanitaires. En 2023, aux États-Unis, un adolescent présentant une légère malformation cardiaque est mort d’un arrêt cardio-respiratoire après avoir consommé une chips contenant du Carolina Reaper, l’un des piments les plus forts au monde.
Pourquoi le piment brûle sans vraiment brûler
La substance en cause s’appelle la capsaïcine. C’est elle qui donne au piment son goût piquant et cette impression de feu dans la bouche. Elle active des récepteurs du système nerveux, les TRPV1, qui envoient au cerveau un signal de chaleur, alors que la température ne grimpe pas réellement.
Le corps réagit vite. Rougeur du visage, sueur, nez qui coule, larmes. En général, l’effet baisse au bout d’une vingtaine de minutes, quand la substance cesse de se fixer sur ces récepteurs.
Pour mesurer la puissance d’un piment, on utilise l’échelle de Scoville. La capsaïcine pure monte à 16 millions d’unités. À côté, un piment doux se situe entre 100 et 500, une sauce Tabasco entre 7 000 et 8 000, et le Pepper X grimpe à 3 180 000.
Du simple larmoiement aux complications graves
À forte dose, les effets ne se limitent pas à la bouche. La capsaïcine peut provoquer des brûlures digestives, puis des nausées, vomissements, diarrhées et irritations anales. Des manifestations plus générales ont aussi été rapportées, avec hypertension, palpitations ou perte de connaissance.
Et ce n’est pas seulement une affaire d’ingestion. Le contact avec un produit très pimenté peut entraîner rougeur de la peau, irritation des yeux, fermeture involontaire des paupières ou inflammation de la cornée. Les enfants, ainsi que les personnes souffrant de problèmes digestifs ou cardiaques, sont plus exposés.
Ce qu’il faut faire en cas de brûlure
L’Anses recommande d’éviter ces challenges et de garder les aliments très pimentés hors de portée des enfants. De son côté, l’Efsa doit rendre un avis en 2027.
Si la bouche brûle après ingestion, il ne faut pas boire d’eau ni de boisson gazeuse. La capsaïcine se dissout dans les graisses, pas dans l’eau. Mieux vaut utiliser du lait, un yaourt, de la crème glacée ou un peu d’huile. Le pain, le riz ou la pomme de terre peuvent aussi atténuer la sensation.
En cas d’œdème ou de difficulté à respirer, il faut appeler immédiatement le 15, le 112, ou le 114 pour les personnes malentendantes. Si la douleur persiste ou s’aggrave, un médecin ou un centre antipoison doit être contacté.