En bref
- Les moins de 15 ans sont exclus
- Tous devront prouver leur âge
- Application progressive jusqu’en janvier 2027
Ce ne seront pas seulement les adolescents. En France, tous les utilisateurs des réseaux sociaux, y compris les adultes déjà inscrits, devront bientôt vérifier leur âge pour garder ou ouvrir un compte.
Une règle qui ne vise pas seulement les mineurs
Mardi 21 juillet 2026, les parlementaires ont adopté la loi de protection de l’enfance voulue de longue date par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Le texte interdit les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
Mais, dans les faits, la mesure déborde largement ce seul public. Les plateformes devront mettre en place elles-mêmes le contrôle de l’âge, et ce contrôle concernera tout le monde, qu’il s’agisse d’un adolescent de 17 ans, d’un adulte de 40 ans ou d’un retraité déjà présent sur TikTok, Instagram, Facebook ou X.
La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, l’a résumé ainsi devant des journalistes : « Nous allons, nous Français, tous devoir prouver notre âge pendant quatre mois. Si on a moins de quinze ans, le compte va être fermé ».
Deux dates à retenir pour les comptes
Le calendrier est serré. Et il se joue en deux temps.
À partir du 1er septembre 2026, l’obligation s’appliquera aux nouveaux comptes. Pour les comptes déjà existants, la loi prévoit un délai de quatre mois. Si ce cap est tenu, cela renvoie au 1er janvier 2027.
En clair, à cette date, une personne déjà inscrite sur Instagram ou X devrait elle aussi justifier son âge pour conserver son accès. Pas de quoi paniquer, mais l’impact est massif, parce qu’il touche l’ensemble des usagers et pas seulement les nouveaux venus.
Passeport, appli ou selfie, les pistes sur la table
Reste la question la plus sensible, celle de la méthode.
Parmi les options évoquées, il pourrait être demandé de scanner une pièce d’identité, par exemple un passeport, un permis de conduire ou une carte d’identité. Une application de vérification d’âge, comme celle de l’Union européenne, fait aussi partie des solutions citées. Autre possibilité, un simple selfie.
Le problème, c’est qu’aucune de ces techniques ne donne, pour l’instant, pleinement satisfaction sur le plan de l’efficacité.
Une mise en œuvre déjà contestée
C’est là que le débat se tend. Plusieurs parlementaires doutent de la capacité réelle des plateformes à être prêtes aussi vite, en plein été.
La sénatrice écologiste Mathilde Ollivier a dénoncé un texte d’« affichage » et interrogé la faisabilité du dispositif : « Comment croire sérieusement qu’en quelques semaines, au cœur de l’été, un dispositif aussi complexe pourra être opérationnel ? Qui procédera concrètement aux vérifications d’âge ? »
Face à ces critiques, Anne Le Hénanff a maintenu que l’interdiction pourrait être opérationnelle dans les temps. La prochaine étape, désormais, se jouera chez les plateformes elles-mêmes.