En bref
- La Cour juge le tarif agent trop coûteux
- Une grève est annoncée le 15 septembre 2026
- Le gouvernement doit trancher par arrêté
Plus de 700 millions d’euros en 2024. C’est le coût attribué par la Cour des comptes au tarif agent d’électricité et de gaz, l’avantage accordé aux salariés des entreprises issues des anciens opérateurs historiques. Dans un rapport consacré à la gestion des ressources humaines d’EDF, l’institution estime que cet avantage en nature ne peut pas rester en l’état.
Elle chiffre aussi à 3,9 milliards d’euros fin 2024 les passifs sociaux liés à son maintien après l’emploi. Le sujet dépasse donc la seule fiche de paie des actifs. Il concerne aussi des retraités d’EDF et de GDF, mais également ceux d’Engie, d’Enedis, de GRDF et d’autres entreprises du secteur, y compris des distributeurs locaux d’énergie.
Un avantage historique désormais dans le viseur
La Cour des comptes affirme que les bénéficiaires paient désormais moins de 2 % des tarifs moyens de l’électricité ou du gaz réglés par les consommateurs. Ce point est contesté par une partie des syndicats, mais c’est bien ce constat qui sert de base à la remise en cause engagée.
Au passage, la juridiction recommande une baisse progressive. Sa piste principale consiste à plafonner les consommations prises en compte, tout en revoyant le barème fiscal et social à partir des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l’électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises.
Le gouvernement prépare une décision sensible
Du côté de l’État, le dossier est déjà sur la table. Le ministère de l’Énergie indique avoir reçu une mise en demeure de la Cour des comptes afin de se mettre en conformité sur la valorisation de l’écart entre ce tarif préférentiel et la valeur réelle de l’énergie.
La décision doit être prise par un arrêté ministériel. C’est ce calendrier qui tend la situation.
Les syndicats passent à l’offensive
Réunies en intersyndicale, les fédérations CGT, CFE-CGC, CFDT et FO de l’énergie appellent à une mobilisation massive, avec une journée d’actions et de grève fixée au mardi 15 septembre 2026.
Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, voit dans cette réforme « une provocation ». Il ajoute qu’à compétences et ancienneté égales, les niveaux d’embauche dans ces entreprises restent souvent inférieurs à ceux du privé, et soutient que le tarif agent ne représente pas plus de 1 % de la facture des usagers.
Même ligne chez FO Mines-énergie. Sa secrétaire générale, Sandrine Tellier, assure que le syndicat s’opposera à toute remise en cause de cet avantage et dénonce « une méthode totalement irrespectueuse » à la recherche, selon elle, de futiles économies.
EDF temporise face à un dossier explosif
L’entreprise, elle, reste plus prudente. EDF dit vouloir laisser aux différentes parties prenantes le temps d’examiner les évolutions possibles. Le groupe ajoute que ses salariés restent attachés à cet avantage, présenté comme faisant partie du cadre social.
Le bras de fer est donc engagé. Et la prochaine étape n’est pas syndicale, mais réglementaire.