En bref
- Plusieurs remboursements pourraient basculer vers les mutuelles
- Le plafond des franchises passerait à 200 euros
- Le gouvernement cherche à freiner les dépenses
Les patients pourraient bientôt être moins remboursés sur plusieurs postes de santé, notamment chez le dentiste, pour certains médicaments et pour les transports sanitaires. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a confirmé vendredi 24 juillet 2026 l’envoi de projets de décrets aux instances de l’Assurance maladie.
Des soins bien identifiés dans le viseur
Quatre textes portent sur un même mouvement, transférer une part du remboursement aujourd’hui assurée par l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Sont concernés les transports sanitaires, des dispositifs médicaux, certains médicaments et les soins dentaires.
Sur franceinfo, Stéphanie Rist a précisé que cela toucherait notamment les consultations chez le chirurgien-dentiste, les transports sanitaires et les médicaments les moins efficaces. En revanche, le nouvel équilibre exact entre la part payée par l’Assurance maladie et celle laissée aux mutuelles n’est pas encore connu. Résultat, on sait ce qui est visé, pas encore à quelle hauteur.
Un autre changement sur les franchises médicales
Un cinquième projet de décret suit une autre logique. Il prévoit de doubler le plafond annuel des franchises médicales à la charge des usagers, qui passerait de 100 à 200 euros.
Cette hausse avait été annoncée jeudi par la ministre. Là, l’effet est plus direct pour les assurés, puisque le plafond maximal pouvant être payé au fil de l’année augmenterait mécaniquement.
Les mutuelles appelées à prendre plus de place
La question qui suit est simple, les mutuelles vont-elles augmenter leurs tarifs ? Stéphanie Rist a assuré que la répercussion sur le prix d’une mutuelle ou d’une complémentaire n’était pas automatique.
Elle a aussi expliqué travailler avec ces organismes pour éviter au maximum une hausse, avec des négociations en cours. Mais elle a reconnu ne pas pouvoir, à ce stade, leur imposer un gel des tarifs. Bon, autrement dit, l’exécutif cherche à contenir le choc, sans garantie ferme pour les cotisants.
La ministre n’a pas chiffré publiquement le montant exact transféré aux complémentaires.
Pourquoi le gouvernement accélère maintenant
Le contexte budgétaire pèse lourd. La Mutualité française a avancé jeudi soir, après une réunion à Matignon, un transfert compris entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros.
Le gouvernement veut freiner la hausse des dépenses de santé alors que le déficit de la Sécurité sociale se creuse depuis 2023. Selon les estimations officielles, il pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros. Pour 2026, l’objectif de dépenses d’Assurance maladie prévoit déjà une hausse de 3,1 %, soit 8,2 milliards d’euros, avec des signes de dérapage déjà repérés sur les soins de ville.
La suite se jouera donc dans les décrets, et dans le montant que les complémentaires décideront, ou non, de répercuter.