Trois ans d’attente : les jeunes femmes accèdent enfin au remboursement des protections réutilisables

Image d'illustration. Gros plan d une croix verte éclairée sur la devanture d une pharmacie au crépusculeADN
Trois ans après son annonce, la prise en charge financière des protections hygiéniques réutilisables pour les jeunes femmes devient enfin effective. Cette mesure vise à faciliter l’accès à ces produits essentiels et à lutter contre la précarité menstruelle.
Tl;dr
- Remboursement protections périodiques réutilisables dès la rentrée.
- Mesure vise jeunes femmes et personnes précaires.
- Retard critiqué, décret enfin publié après trois ans.
Une avancée attendue pour la santé menstruelle
Trois années se sont écoulées entre l’annonce initiale et la concrétisation de cette mesure. Cette attente, devenue source de frustration chez de nombreuses associations féministes et fabricants de protections réutilisables, prend enfin fin : le gouvernement officialise l’entrée en vigueur du remboursement des protections périodiques réutilisables à la rentrée universitaire prochaine.
Sont concernées toutes les femmes âgées de moins de 26 ans ainsi que celles bénéficiant de la complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d’âge.
Un dispositif pour lutter contre la précarité menstruelle
Cette mesure, présentée comme une réponse directe à la « précarité menstruelle », s’appliquera aux produits commercialisés en pharmacie – notamment les culottes menstruelles et coupes, jugés plus durables.
Selon un communiqué conjoitamponsnt des ministères de la Santé et de l’Égalité femmes-hommes, pas moins de 6,7 millions de personnes pourraient bénéficier du dispositif.
Lenteur administrative et mobilisation politique
Il y a peu encore, l’absence du décret d’application suscitait l’agacement tant chez les citoyennes concernées que dans les rangs politiques.
Interrogée au Parlement il y a un an, Aurore Bergé, alors ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, reconnaissait « un retard […] pas acceptable » tout en promettant une entrée en vigueur avant 2025. Un engagement qui aura finalement été tenu avec un léger délai.
Soutien officiel et perspectives sociales
Les justifications gouvernementales mettent en avant plusieurs priorités :
- Lutter contre la précarité menstruelle, synonyme d’inégalités flagrantes.
- Soutenir le pouvoir d’achat, dans un contexte inflationniste.
- Encourager les produits réutilisables, aussi bien pour des raisons économiques qu’écologiques.
Pour reprendre les mots de Stéphanie Rist, ministre de la Santé : « La précarité menstruelle n’est pas une fatalité : c’est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination ». Sa collègue à l’Égalité femmes-hommes ajoute : « Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c’est une question de santé et dignité ».
Ce remboursement marque donc un tournant décisif dans la lutte contre les inégalités liées à l’accès aux protections hygiéniques en France.