31 octobre, 70 000 policiers et des manifs repoussées en périphérie

Laurent Nunez annonce un dispositif sécuritaire massif pour le 31 octobre. Manifestations éloignées des centres-villes et contrôles renforcés sont prévus.

Barrière et déviation vers la périphérie
Image d'illustration. Contrôles accrus autour des rassemblements. — ADN

En bref

  • 70 000 agents déployés samedi
  • Manifestations repoussées hors des centres
  • Contrôles et dispersions annoncés

70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi 31 octobre pour encadrer les manifestations, a annoncé Laurent Nunez jeudi 29 octobre. Le ministre de l’Intérieur évoque une journée à risque très élevé, à la fois en raison des rassemblements contre la vie chère et des festivités d’Halloween, prévues le même jour.

Un samedi sous très haute surveillance

Lors d’une conférence de presse, Laurent Nunez a décrit une journée « atypique ». Le volume d’effectifs sera le même que celui du 24 octobre, avec un dispositif qualifié d’exceptionnel. Le ministre a aussi indiqué que certains agents avaient été rappelés de congés.

Quelques heures plus tôt, il avait averti les préfets d’un risque de violences urbaines particulièrement élevé, notamment en fin de journée et tard dans la soirée. Les manifestations de l’après-midi, elles, sont annoncées à l’appel de la coordination des gilets jaunes et d’organisations syndicales de lycéens et d’étudiants contre la vie chère.

Des rassemblements autorisés, mais loin des hypercentres

Le cadre retenu est clair. Les règles appliquées seront celles du 24 octobre, avec une marge de décision laissée aux préfets pour maintenir ou non les rassemblements. Mais les manifestations autorisées devront se tenir hors des centres-villes touchés par les pillages lors des précédents week-ends.

Pour Laurent Nunez, les préfets devront privilégier des zones périphériques. À Paris, la préfecture a ainsi refusé le trajet proposé entre Bastille et Nation. Un autre parcours, entre Porte de Bagnolet et Porte de Charenton, a été avancé, avec un tracé bien moins central.

Autre condition, les organisateurs devront mettre en place un service d’ordre chargé d’éviter les violences pendant les rassemblements.

Contrôles, dispersion et fermeté revendiquée

Le ministère promet une réponse très dure en cas de débordements. Laurent Nunez a prévenu que les forces de l’ordre mèneraient des interventions systématiques et appliqueraient une doctrine d’extrême fermeté et de réactivité.

Sur le terrain, cela passera par la mobilisation des unités mobiles, mais aussi de la BRI, du RAID, du GIGN, de drones, ainsi que de brigades cynophiles et équestres. Des contrôles sont également prévus dans les gares et sur les axes routiers menant aux villes concernées, avec une intensité annoncée comme supérieure à celle du 24 octobre.

Halloween et appels sur les réseaux dans le viseur

Le ministre a aussi ciblé la soirée. Il a averti que la fête d’Halloween ne constituerait pas un motif légitime pour se dissimuler le visage et provoquer des troubles. Les rassemblements organisés le soir dans les secteurs sensibles des centres-villes ayant déjà connu des débordements seront dispersés.

Et il dit surveiller de près des appels relayés sur les réseaux sociaux autour de 20 heures. Selon lui, ils proviennent de la mouvance de l’ultragauche radicalisée et comportent des messages violents appelant à la révolution et à l’insurrection. Dernier chiffre avancé par le ministre, 1 193 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début du mouvement.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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