En bref
- Laurent Nuñez refuse de s’excuser
- Macron refuse sa démission
- La transparence est demandée sur les failles
Entre 550 000 et 800 000 personnes ont manifesté ce week-end. Et malgré ce volume de cortèges, souvent pacifiques, Laurent Nuñez exclut toute excuse après les violences signalées dans plusieurs villes.
Le point important est là. Le ministre de l’Intérieur, interrogé ce lundi matin sur France Inter, a répété « Non, non. Pardon mais je ne vais pas dire pardon ». Sa position n’a pas varié, y compris quand la question a porté sur les manifestants qui avaient défilé sans violence.
Un refus d’excuses qui ne bouge pas
Pour Laurent Nuñez, les forces de l’ordre ont au contraire permis la tenue des manifestations. Il a mis en avant les 2 400 interpellations et assuré que les cortèges avaient pu avancer parce que la police était présente.
Relancé sur les débordements, il a reconnu sa responsabilité sur des troubles qui n’auraient pas été contenus, tout en rejetant l’idée que les manifestants n’auraient pas pu défiler normalement. Bref, sa ligne est simple, tenir sur l’ordre public et ne rien céder sur le mot d’excuse.
Des cortèges massifs, puis une réponse très contestée
Les rassemblements ont été très nombreux samedi 17 octobre, puis plus limités dimanche 18. Selon le gouvernement, 550 000 personnes ont manifesté. D’autres estimations montent à 800 000. Une partie des mobilisations a été brouillée par des casseurs, mais un grand nombre de participants ont défilé dans le calme.
C’est ce contraste qui tend la séquence. Depuis lundi matin, de nombreux témoignages dénoncent une réponse policière jugée extrêmement violente, certains parlant carrément de répression.
Deux cas ont particulièrement marqué les esprits, un adolescent de 17 ans qui a perdu une main à Saint-Étienne, et une jeune de 17 ans qui a perdu un œil à Mulhouse.
Une démission proposée, puis écartée par l’Élysée
Dans le même temps, Laurent Nuñez a expliqué avoir présenté sa démission à Emmanuel Macron. Le président l’a refusée dimanche soir.
L’Élysée a justifié ce choix par la nécessité de garder un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel. Autrement dit, pas de changement au sommet dans l’immédiat.
Macron demande la transparence sur les failles
Le soutien de Emmanuel Macron n’efface pas les critiques. Le président a aussi demandé de la transparence sur les défaillances d’anticipation et de renseignements.
Selon l’Élysée, ces failles ont contribué aux émeutes et aux destructions. C’est là que se joue la suite, moins sur le principe du maintien de l’ordre que sur la capacité de l’exécutif à expliquer ce qui n’a pas été vu, ou pas été empêché, avant que la rue ne bascule.