Après le drame de Lens, les grenades assourdissantes stoppées

Après la blessure d’un lycéen de 15 ans à Lens, le gouvernement suspend les grenades assourdissantes dans les mobilisations lycéennes. Pas les autres armes.

Grenade assourdissante sur table d’équipement
Image d'illustration. Le gouvernement stoppe cet usage en lycée. — ADN

En bref

  • Grenades assourdissantes suspendues dans les lycées
  • Décision prise après le drame de Lens
  • Les autres armes restent utilisées

Le changement est réel, mais il est limité. Laurent Nuñez a annoncé, mercredi 7 octobre, la suspension des grenades assourdissantes dans le seul cadre du mouvement lycéen. Les autres équipements employés par les forces de l’ordre ne sont pas concernés.

Sur RTL, le ministre de l’Intérieur a expliqué vouloir attendre que toute la lumière soit faite après l’incident de Lens. Il a dit avoir besoin de comprendre exactement ce qu’il s’est passé.

Une suspension ciblée, pas un retrait général

La décision ne vaut donc ni pour toutes les manifestations, ni pour l’ensemble de l’armement policier. Laurent Nuñez a précisé qu’il suspendait l’usage de ces grenades pour les mobilisations lycéennes tant que l’affaire de Lens n’est pas éclaircie.

Les consignes, selon lui, ont été transmises dès le mardi 6 octobre aux autorités pour que ces grenades ne soient plus utilisées dans ce contexte. C’est le point central. Et il change la doctrine, au moins provisoirement, sur ce type de rassemblements.

À Lens, un adolescent grièvement blessé

À l’origine de cette décision, il y a un adolescent de 15 ans blessé lundi 5 octobre à Lens. Le ministre a indiqué qu’il existait à ce stade une possibilité forte qu’une grenade assourdissante soit en cause dans la perte de sa main et de son avant-bras.

La version livrée par Laurent Nuñez ajoute un contexte de tensions devant l’établissement. Il a évoqué des troubles, des incidents et une compagnie de police prise à partie très violemment, avec sommations réglementaires effectuées. Sur France Inter, il avait déjà qualifié l’épisode de drame, en rappelant qu’on n’a pas à perdre sa main dans une manifestation.

L’IGPN déjà saisie de dix-huit enquêtes

L’enquête sur Lens ne sera pas la seule. Le ministre a annoncé que l’IGPN, la police des polices, était saisie de dix-huit enquêtes à ce stade.

Ce chiffre donne une idée du niveau de contrôle engagé autour des interventions policières liées au contexte actuel. Pour l’affaire de Lens, l’IGPN a aussi été saisie.

Les autres armes restent autorisées

C’est l’autre enseignement de sa prise de parole. Interrogé sur les LBD, Laurent Nuñez n’a pas annoncé de suspension comparable.

Il a fait valoir que, face à des individus cagoulés lançant des projectiles, agressant les forces de l’ordre ou s’en prenant à des enseignants, une réponse policière devait exister, à condition qu’elle soit proportionnelle et adaptée. Du coup, pour le reste, l’armement intermédiaire continue d’être utilisé, avec les LBD, les gaz lacrymogènes, les canons à eau et les grenades de désencerclement.

La ligne du ministère est donc claire, suspendre un type précis de grenade dans les manifestations lycéennes, et rien de plus pour l’instant.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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