Collision en Espagne, deuil national et lourdes questions sur le rail

L’Espagne a décrété trois jours de deuil après la collision de deux trains près d’Urda. Le bilan monte à 68 morts et l’enquête vise une erreur jugée inexplicable.

Voie ferrée près d’une gare espagnole
Image d'illustration. La collision relance les questions sur le rail. — ADN

En bref

  • 68 morts, 108 blessés près d’Urda
  • L’Espagne décrète trois jours de deuil
  • Une erreur de reprise est en cause

L’Espagne observe depuis jeudi trois jours de deuil national après la collision entre deux trains survenue mercredi 28 octobre 2026 près d’Urda. Le bilan, encore provisoire, atteint 68 morts et 108 blessés, dont 58 hospitalisés, selon les autorités régionales.

Trois jours de deuil après la pire tragédie depuis 2013

Le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a décrété ce deuil de jeudi à samedi. L’accident est présenté comme la pire tragédie ferroviaire dans le pays depuis 2013. Et le choc est d’autant plus fort qu’une autre collision avait déjà fait 46 morts moins d’un an plus tôt.

Le dernier bilan a été communiqué par le président de la région, Emiliano García-Page. Il continue d’évoluer, ce qui laisse entendre que les autorités travaillent encore sur l’identification précise des victimes et l’état des blessés.

Une panne de signalisation au point de départ

Le drame s’est produit mercredi matin en Castille-La-Manche, quand un train à grande vitesse de Renfe a percuté un train de la compagnie privée Iryo, lui à l’arrêt. Selon le ministre des Transports, Óscar Puente, le système de signalisation est tombé en panne avant la collision.

Cette défaillance aurait provoqué l’arrêt automatique de six trains présents dans la zone, dont les deux rames impliquées. C’est le premier point établi par les autorités. Le second, plus sensible, concerne la suite des décisions prises.

L’ordre de repartir qui interroge le plus

Quelques minutes après cet arrêt, le centre de contrôle a ordonné au train de Renfe de repartir. Pour Óscar Puente, cette décision relève d’une erreur. Il a parlé de « circonstances inexplicables » et d’une décision « erronée ».

En un quart d’heure, le train a parcouru 25 kilomètres avant de heurter le convoi d’Iryo, resté immobilisé. La vitesse au moment de l’impact n’est pas encore connue. Le ministre a aussi estimé que le centre de contrôle avait eu largement le temps de vérifier cette erreur, sans la corriger.

Une enquête ouverte sous pression politique

L’enquête continue donc pour déterminer comment une panne initiale a pu déboucher sur une collision aussi meurtrière, en pleine ligne droite. C’est là que se concentrent les principales questions sur la chaîne de décision.

Mais déjà, la gestion du réseau ferroviaire revient au premier plan. Le gouvernement socialiste fait face à de vives critiques, sur fond d’inquiétudes plus larges autour de la sécurité ferroviaire en Espagne. La suite est attendue du côté des enquêteurs, avec un point central, comprendre pourquoi une erreur identifiée n’a pas été rectifiée à temps.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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