En bref
- Europe 1 mise en demeure par l’Arcom
- Des propos sur les migrants sont visés
- La radio conteste et prépare un recours
Pour Europe 1, le dossier monte d’un cran. La station a été mise en demeure par l’Arcom, une décision publiée lundi après des propos tenus fin janvier par Christine Kelly. Ce n’est pas encore une amende, mais c’est l’étape qui la précède dans l’échelle des interventions du régulateur.
Une étape de plus dans l’échelle du régulateur
La décision vise la radio de la galaxie Vincent Bolloré et lui ordonne de respecter ses obligations. L’Arcom rappelle que Europe 1 avait déjà fait l’objet de précédentes mises en garde pour des manquements du même type à l’antenne. Cette fois, le régulateur passe au niveau supérieur.
Concrètement, une mise en demeure a valeur d’avertissement formel. Si de nouveaux faits comparables étaient relevés, une sanction financière pourrait suivre. C’est ce point qui donne du poids à la décision.
Les propos en cause à l’antenne
L’Arcom s’appuie sur une séquence diffusée le 26 janvier dans l’émission Christine Kelly et vous. Le débat portait sur une affaire de viol d’une femme âgée à Nice, avec comme principal suspect un ressortissant tunisien visé par une obligation de quitter le territoire français.
Au cours de l’échange, Christine Kelly avait déclaré : « On ne dit pas que tous les migrants sont des violeurs, mais beaucoup le sont, comme les chiffres le révèlent ». Le régulateur note aussi qu’aucune des autres personnes présentes à l’antenne n’a réagi à cette affirmation.
Pour l’Arcom, ces propos sont de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires envers les migrants en raison de leur origine ou de leur nationalité. C’est le cœur de la décision.
La riposte d’Europe 1 déjà annoncée
De son côté, Europe 1 rejette totalement les griefs. Dans un communiqué, la station dit contester avec fermeté la mesure prise par l’Arcom et estime que rappeler ou débattre de réalités chiffrées ne constitue pas une infraction.
La direction évoque aussi une ingérence éditoriale majeure. Elle annonce un recours gracieux devant l’Arcom pour obtenir le retrait de la décision et se réserve la possibilité de saisir le Conseil d’État.
Reste le contexte capitalistique. Europe 1 appartient à Lagardère Radio, elle-même intégrée à Louis Hachette Group, dans le giron de Vincent Bolloré. Bref, au-delà d’une séquence précise, c’est aussi la pression sur les antennes du groupe qui se durcit.