En bref
- Les radios veulent la FM et le DAB+ obligatoires
- La voiture pèse un tiers de l’écoute radio
- France et Europe sont visées par la demande
Un tiers de l’écoute de la radio se fait encore en voiture. C’est ce qui pousse Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales à demander que les véhicules neufs conservent un accès direct et gratuit à la FM et au DAB+.
La voiture reste un point d’accès décisif
Pour les radios publiques, privées et associatives, l’enjeu dépasse la simple question technique. Leur audience globale baisse depuis plusieurs années, et la voiture reste un lieu d’écoute central. Si cet accès disparaît ou devient payant, une part importante de l’usage bascule.
Le secteur défend aussi un principe simple, l’accès à la radio ne doit pas dépendre d’un accord commercial entre un constructeur automobile et une plateforme de streaming. En gros, les radios veulent préserver un bouton d’accès immédiat, sans abonnement ni intermédiaire.
Des constructeurs changent déjà la donne
Le point de friction est là. Certaines marques, notamment américaines ou chinoises, ne proposent plus systématiquement de récepteur hertzien dans leur système multimédia. À la place, l’accès passe par des services comme Spotify.
D’après les organisations du secteur, certains véhicules sont désormais vendus sans récepteur FM ni DAB+, et d’autres relèguent la radio au rang d’option payante. C’est précisément ce scénario qu’elles veulent stopper.
Deux batailles politiques sont lancées
La demande vise à la fois Bruxelles et Paris. Au niveau européen, le règlement sur les réseaux numériques, le DNA, est en discussion et doit trancher la question de l’obligation d’équiper les voitures neuves d’un récepteur FM et DAB+.
En France, les radios demandent aussi l’appui du gouvernement sur l’article 2 d’une proposition de loi portée par le sénateur Laurent Lafon, du groupe Union centriste. Le texte sur la modernisation de la radio doit être examiné au Sénat le 13 octobre.
Au-delà de l’écoute, l’argument de la sécurité
Les radios avancent un autre motif, plus sensible. Elles estiment qu’une voiture dépourvue de récepteur devient un angle mort pour la sécurité civile, car la radio hertzienne reste un canal d’information quand d’autres réseaux tombent.
Elles s’appuient sur un précédent récent, la coupure d’électricité géante qui a touché l’Espagne en avril 2025. Dans cet épisode, la radio hertzienne était restée le principal moyen d’information. C’est ce point qui donne au débat une portée plus large que celle de l’équipement multimédia.