En bref
- Le diesel ne pèse plus que 2,6 % du neuf
- Il représente encore 45 % du parc roulant
- Son avenir glisse vers un marché de niche
Le diesel recule vite en France, mais il n’a pas disparu. Sur les quelque 40 millions de voitures en circulation, 45 % roulent encore au gazole. C’est tout le paradoxe du moment, un carburant très présent dans le quotidien, devenu marginal dans les achats neufs.
Encore partout sur les routes, presque plus nulle part dans le neuf
Il faut mesurer la chute. En 2012, le diesel représentait 72,9 % du marché des voitures neuves. Au premier semestre 2026, il n’est plus qu’à 2,6 % des immatriculations.
Ce basculement ne date donc pas d’hier. Le mouvement a commencé il y a une dizaine d’années et s’est installé dans la durée. Le diesel ne s’efface pas d’un coup, mais il ne structure plus le marché neuf.
Pourquoi le diesel a perdu son statut
Pour Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto, plusieurs facteurs se cumulent. Le scandale du Dieselgate a nourri la méfiance, les règles se sont durcies, les ZFE ont changé la donne et les constructeurs ont eux-mêmes commencé à abandonner cette motorisation.
À cela s’ajoute un autre élément très concret, le prix à la pompe. Longtemps, le diesel gardait un avantage face à l’essence. Ce n’est plus le cas, avec un litre de gazole désormais au-dessus de 2,30 euros.
L’occasion recule aussi, sauf pour certains usages bien précis
Le désamour touche aussi la seconde main. En juin, les ventes de diesel d’occasion ont chuté de plus de 12 %. Chez Aramisauto, Romain Boscher dit observer cette baisse depuis quatre ou cinq ans, avec une part passée de 25 % à moins de 10 % sur la plateforme.
Chez Caroom, même tendance. Jonathan Luck constate que les modèles hybrides et électriques séduisent de plus en plus d’automobilistes.
Mais le diesel garde un public. Franck Follet, du groupe Sofipel, rappelle que dans des zones peu urbanisées, beaucoup de conducteurs parcourent de longues distances pour travailler. Pour ceux qui roulent jusqu’à 30.000 kilomètres par an, ou tractent souvent une remorque ou une caravane, Jonathan Luck estime que le diesel reste pertinent, notamment grâce à une consommation plus basse et à un couple moteur supérieur.
D’un marché de masse à une niche
Il y a aussi la question du budget. Chez Aramisauto, Romain Boscher souligne qu’en quinze ans, le prix moyen d’une voiture neuve a grimpé d’environ 80 %, quand le pouvoir d’achat n’a progressé que d’un peu plus de 10 %. Résultat, certains ménages se tournent encore vers un vieux diesel d’occasion comme solution de repli.
Mais la trajectoire générale ne change pas. Comme les ventes de diesel neuf se sont effondrées, l’offre d’occasion va se raréfier à son tour. Ce moteur ne va pas s’éteindre demain. En revanche, il glisse clairement d’un marché de masse vers un marché de niche.