Les véhicules thermiques tombent à un tiers des ventes sur le marché automobile

La part des véhicules fonctionnant à l’essence ou au diesel continue de reculer en France : ces motorisations ne constituent désormais qu’un tiers des ventes, témoignant d’une accélération de la transition vers des alternatives plus propres.

Tl;dr

  • Les ventes de véhicules thermiques chutent en Europe.
  • Les électriques et hybrides dominent désormais le marché.
  • L’objectif CO₂ 2030 exige un bond des voitures électriques.

Déclin marqué des moteurs thermiques en Europe

L’Europe amorce une mutation sans précédent dans le secteur automobile. L’année 2025 aura scellé le recul significatif des voitures à carburants fossiles. En un an, leur part de marché s’est effondrée : passant de 45,2 % en 2024 à tout juste 35,5 %. Les modèles à essence n’échappent pas à cette tendance : seulement 2,88 millions d’unités immatriculées, soit une baisse de près de 19 % sur douze mois, ramenant leur poids à 26,6 % du marché européen.

La chute est particulièrement rude pour la France (-32 %), suivie par l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Quant au diesel, il continue sa descente aux enfers avec une part limitée à 8,9 % et des ventes en recul de plus d’un quart.

L’essor fulgurant du tout électrique et de l’hybride

Dans ce paysage bouleversé, les voitures électriques et hybrides prennent clairement le dessus. L’an passé, la vente de véhicules neufs sur le continent a progressé globalement de 1,8 %, essentiellement portée par ces motorisations alternatives. Si les voitures tout électrique enregistrent une envolée impressionnante de presque 30 %, avec désormais près d’1,9 million d’exemplaires vendus (soit 17,4 % du marché contre seulement 13,6 % un an plus tôt), la dynamique est cependant contrastée selon les pays :

  • L’Espagne affiche une croissance record (+77 %) ;
  • L’Allemagne confirme son appétit (+43,2 %) ;
  • Les Pays-Bas (+18,1 %) et la Belgique (+12,6 %) suivent ;
  • La France progresse plus timidement (+12,5 %).

Cette percée s’explique principalement par l’arrivée sur le marché de modèles plus accessibles et des incitations financières renforcées.

L’hybride non rechargeable domine mais l’hybride rechargeable accélère… sauf en France

Les hybrides non rechargeables, bien installées dans les habitudes européennes, restent les championnes du segment avec plus de 3,7 millions d’unités écoulées (plus d’un tiers du marché).

Toutefois, la croissance des hybrides rechargeables surprend par son dynamisme : près d’un million d’immatriculations et désormais une part de marché portée à 9,4 %. À noter cependant : la France détonne par un recul marqué (-26 %) sur ce créneau précis.

Un virage imposé par la réglementation européenne

Ce bouleversement structurel n’est pas qu’une question de goût ou d’offre. Comme le rappelle Sigrid de Vries (ACEA, European Automobile Manufacturers’ Association) : « Au regard des objectifs européens de CO₂ pour les voitures et les utilitaires en 2030, la part de marché des voitures électriques à batterie devrait presque tripler pour que les constructeurs puissent (les) atteindre sans encourir de pénalités. »

Le compte à rebours est lancé pour que l’industrie automobile se conforme aux ambitions climatiques du continent.