En bref
- L’IMT propose une vignette annuelle électronique
- La fiscalité routière baisse avec l’électrique
- Le montant irait de 30 à 910 euros
En France, le sujet revient pour une raison très simple, l’argent des routes rentre moins vite qu’avant. Avec la montée des voitures électriques, une partie de la fiscalité routière perd de son carburant, au sens propre.
Une fiscalité routière qui rapporte encore, mais de moins en moins
Le constat posé par l’Institut mobilités et transitions, ou IMT, part d’un chiffre élevé. En 2025, les taxes liées à la route ont rapporté 67,5 milliards d’euros, soit en moyenne 940 euros par véhicule. Mais leur poids dans l’ensemble des recettes publiques recule, de 5,6 % en 2019 à 4,6 % en 2025.
Et la pente continue. D’après les projections relayées par RMC Conso, cette part pourrait tomber à 3,4 % en 2035 si rien ne change. C’est ce décrochage qui remet sur la table une idée qu’on croyait rangée avec les vieux pare-brise, la vignette automobile.
Pourquoi la voiture électrique change la donne
Le nœud du problème, c’est la bascule du parc roulant. Mi-2026, les immatriculations neuves de voitures électriques ont progressé de 30 %. Or ces modèles ne contribuent pas à la fiscalité routière de la même manière que les véhicules thermiques.
Aujourd’hui, l’accise et la TVA sur les produits pétroliers pèsent lourd, 36,6 milliards d’euros en 2025. Quand on vend moins de carburant, on encaisse moins de taxes. L’IMT estime donc que le manque à gagner pour l’État atteindrait 8 milliards d’euros en 2030, puis 22 milliards en 2035.
La piste d’une vignette annuelle, mais en version numérique
C’est dans ce contexte que le think tank défend une taxe annuelle due dès lors qu’un ménage possède un véhicule, thermique ou électrique. L’idée reprend le principe de l’ancienne vignette, supprimée en 2001 après 45 ans d’existence, mais avec une gestion électronique.
Pas un retour à l’identique, quand même. L’IMT insiste sur un point, éviter les biais jugés injustes de l’ancien système.
Comment elle serait calculée et combien elle pourrait coûter
Avant 2001, la facture dépendait de la puissance fiscale et du département. Pour une voiture de 5 à 7 CV, elle atteignait 65 euros dans la Marne, contre 141 euros dans le Cantal.
La version imaginée par l’IMT suivrait d’autres critères, les revenus du ménage, le nombre de véhicules possédés, la motorisation, le lieu de fabrication dans l’UE ou non, ainsi que le lieu de résidence. Le produit attendu serait d’environ 8 milliards d’euros dès 2030.
Concrètement, un ménage modeste avec une voiture électrique fabriquée dans l’UE paierait 30 euros par an. À l’autre bout, un ménage aisé, situé en centre-ville, disposant d’alternatives de transport et possédant plusieurs véhicules thermiques, monterait à 910 euros. Derrière cette vieille idée remise au goût du jour, on voit surtout une question plus large, comment financer la route quand la voiture change de modèle.