Trois repreneurs choisis pour assurer la pérennité de Relais Colis

Image d'illustration. Gros plan d'un casier à colis moderneADN
Après plusieurs semaines d’incertitude, l’avenir des Relais Colis s’éclaircit : trois repreneurs ont été retenus pour assurer la continuité de l’activité du réseau, permettant ainsi à ce service de livraison de proximité d’éviter la disparition.
Tl;dr
- Relais Colis repris par trois sociétés distinctes.
- Réseau de 7 500 points relais repris par GLS.
- Seuls 96 salariés sur 172 seraient conservés.
Un nouveau chapitre pour Relais Colis
Depuis plus d’un demi-siècle, Relais Colis était un acteur historique de la livraison de colis en France. Or, frappée par un « contexte économique défavorable » et une croissance atone – seulement 3 à 4 % dans le segment du petit colis après la crise sanitaire – la société n’a pas résisté à l’érosion de ses marges. Résultat : une baisse de plus de 18 % du chiffre d’affaires entre 2021 et 2024, passant de 149,3 millions à seulement 121,63 millions d’euros. Dès lors, la perspective d’un redressement judiciaire, engagée en mars dernier, semblait inévitable.
Trois repreneurs pour assurer la continuité
Ce vendredi marque donc un tournant : trois acteurs majeurs vont désormais se partager les activités de Relais Colis. D’abord, le réseau des 7 500 points relais, qui permet l’acheminement des colis jusqu’à 30 kg sur tout le territoire, sera opéré par GLS. Le spécialiste a d’ailleurs confirmé reprendre également la « marque emblématique » de Relais Colis et voit dans cette acquisition un levier pour renforcer sa stratégie hors domicile en France.
Parallèlement, la gestion des colis lourds bascule chez JP Home, tandis que le centre de tri de Combs-la-Ville en Seine-et-Marne passe sous le giron de Mondial Relay. Enfin, l’activité informatique – élément clé pour garantir le suivi et la logistique – revient à Ciblex, membre du groupe français Walden qui avait racheté Relais Colis en 2022. Les montants des transactions restent confidentiels.
L’enjeu social au cœur des inquiétudes
Pour les salariés, l’heure est à l’incertitude. Si la direction affirme avoir « fait le maximum pour préserver le plus d’emplois », elle préfère attendre la réunion du comité social et économique prévue mardi avant toute communication chiffrée. Pourtant, selon les informations recueillies auprès d’un repreneur, seulement 96 collaborateurs sur les 172 actuels seraient maintenus, répartis ainsi :
- 40 employés par GLS
- 30 chez JP Home
- 9 chez Mondial Relay
- 17 chez Ciblex
D’une success story à une transition forcée
Créée en 1969 pour servir les besoins spécifiques de La Redoute, souhaitant alors s’émanciper de la Poste, Relais Colis avait su imposer dès les années 1980 son modèle pionnier du point relais en commerce de proximité. Rachetée par Nathalie Balla et Eric Courteille via New R en 2015 (après avoir appartenu au groupe Kering), la société continuait encore récemment à traiter quelques 45 millions de colis annuels, travaillant avec des géants comme Amazon, Cdiscount, ou encore Vinted. Mais face aux nouveaux équilibres du secteur logistique français et aux mutations rapides des usages numériques, il aura fallu se résoudre à tourner une page majeure du e-commerce hexagonal.