Réforme des retraites : que révèle le rapport du COR, atténué sous la pression syndicale ?

Image d'illustration. Retraités actifs en randonnéeADN
Après la vive réaction des syndicats, le Conseil d’orientation des retraites a revu la formulation de son rapport annuel. Ce document très attendu fait le point sur l’équilibre financier du système et analyse les perspectives à moyen et long terme.
Tl;dr
- Rapport du COR 2025 expurgé de contenus jugés orientés.
- Syndicats dénoncent un manque d’objectivité dans la première version.
- L’âge de départ à la retraite atteindra 64,6 ans dès 2030.
Des passages sensibles retirés sous la pression syndicale
Sous le feu des critiques depuis la fuite d’un pré-rapport polémique, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a revu sa copie. La version définitive de son rapport 2025, rendue publique le 12 juin, ne contient plus certaines formulations et données jugées trop partiales par les syndicats.
Sont notamment absents un tableau résumant l’impact sur le PIB des différents leviers d’équilibre et deux phrases controversées – l’une évoquant un « appauvrissement du pays » en cas d’augmentation des cotisations ou de modération des pensions, l’autre un « enrichissement du pays » si l’âge légal de départ était repoussé.
Syndicats vent debout contre des positions « orientées »
La première mouture du rapport avait été vivement contestée. Plusieurs syndicats, dont la CGT, dénonçaient des choix de mots qui valorisaient selon eux le recul de l’âge légal au détriment d’autres options. « Phrases orientées », selon la centrale, tandis que Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, y voyait une « peau de banane » dans le débat du moment sur les retraites.
Face à cette levée de boucliers, le COR s’est résolu à expurger son document final pour éviter toute suspicion de parti pris.
Bilan nuancé et projections à long terme
Adopté non sans réserves – la CGT n’ayant pas apporté son soutien –, ce rapport ne fait pas consensus. Son président, Gilbert Cette, concède qu’il s’agit d’un travail qui « ne satisfait personne complètement, mais ne déplaît totalement à personne non plus ». L’estimation du déficit du système est revue à la baisse pour 2030 : seulement 0,2 % du PIB (contre 0,4 % annoncé en 2024). Mais pour l’horizon 2070, le déficit remonte légèrement à 1,4 % du PIB.
Au sujet de l’âge moyen de départ à la retraite, une évolution sensible est attendue : après avoir atteint 62,9 ans en 2023, il devrait se stabiliser autour de 64,6 ans dès la décennie suivante.
Divergences persistantes sur les pistes envisagées
Du côté des partenaires sociaux siégeant au sein du Conseil – parmi lesquels on trouve syndicats, parlementaires ou associations –, l’analyse reste divisée. Pour l’UNSA, représentée par Dominique Corona, « dépenses stables et sous contrôle ; c’est le financement qui pose problème ». À ce stade :
- L’âge légal pourrait être repoussé à 66,5 ans en 2070.
- Toutes les pistes font débat au sein du Conseil.
- Aucun consensus clair ne se dégage chez ses membres.
Institution de référence pour les enjeux liés aux retraites, fort de ses 41 membres issus d’horizons variés (partenaires sociaux, administration ou experts), le COR demeure pourtant central dans un paysage où chaque mot continue à faire débat.