Pommes de terre: la sécheresse fait plonger la récolte française

La récolte française de pommes de terre pourrait chuter de 23% en un an. Les producteurs réclament une aide d’urgence et une révision des contrats.

Champ de pommes de terre desséché
Image d'illustration. Les producteurs demandent une aide d'urgence. — ADN

En bref

  • La récolte pourrait chuter de 23% en un an
  • Les rendements seraient au plus bas depuis trente ans
  • Les producteurs demandent aide et contrats adaptés

La filière française de la pomme de terre fait face à un recul annoncé comme l’un des plus marqués jamais observés. Selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre, la production en France pourrait baisser de 23% sur un an après cinq épisodes de canicule successifs et un déficit hydrique jugé exceptionnel.

Un décrochage inédit en trente ans

L’UNPT estime que cette campagne 2026 pourrait laisser la trace d’un décrochage majeur. Le rendement moyen national des pommes de terre de consommation tomberait à 37,4 tonnes par hectare, contre 43,5 t/ha en 2025. Cela représente une baisse de 14% en un an.

Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, fixée à 43,1 t/ha, le recul atteint encore 13%. Pour les producteurs, le signal est net: ce serait le plus faible rendement constaté depuis plus de trente ans. Et la chute serait même plus forte que lors de la sécheresse historique de 2022.

Des producteurs déjà fragilisés avant l’été

Le choc climatique arrive dans un contexte déjà tendu. Après la surproduction de 2025, les surfaces cultivées avaient été réduites de 10% en France et de 11% en Europe du Nord-Ouest.

Du coup, la baisse des volumes s’ajoute à une base de production déjà resserrée. L’UNPT évalue à ce stade les pertes économiques à au moins 400 millions d’euros et demande à l’État de préparer dès maintenant un dispositif exceptionnel pour les exploitations les plus touchées.

La qualité de la récolte complique aussi la suite

Le problème ne se limite pas au tonnage. Les producteurs disent aussi redouter une récolte plus hétérogène, avec des calibres plus petits, des teneurs en matière sèche variables et, parfois, des désordres physiologiques.

Bref, cela complique le travail de toute la chaîne. L’UNPT réclame donc une adaptation du cahier des charges des acheteurs pour tenir compte de la réalité de cette campagne.

Contrats, distribution, soutien public: la filière met la pression

Les producteurs préviennent qu’une partie des volumes contractualisés ne pourra tout simplement pas être produite. Ils demandent que les engagements soient ajustés à la récolte réelle, afin d’éviter que le choc économique ne repose sur les seuls agriculteurs.

L’organisation insiste aussi sur le risque de double peine, entre moindres rendements et possibles différends commerciaux. Elle appelle le gouvernement à ouvrir un dialogue ferme, y compris avec ses partenaires européens.

Un premier signal est venu de la distribution. Le 18 août, la Fédération du commerce et de la distribution a annoncé des mesures de soutien aux producteurs, avec davantage de tolérance sur l’aspect et le calibre des fruits et légumes, ainsi qu’une priorité donnée aux produits d’origine France. Pour la pomme de terre, ce geste ne règle pas tout, mais il donne une idée de la pression qui remonte déjà jusqu’aux rayons.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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