Apprentissage et emploi des jeunes, l’appel pressant du gouvernement

La ministre Sabrina Roubache appelle les entreprises à recruter des apprentis et promet des crédits maintenus, malgré la baisse d’une partie des aides.

Contrat d’apprentissage sur une table
Image d'illustration. Les entreprises sont appelées à recruter. — ADN

En bref

  • Le chômage des jeunes repart à la hausse
  • Le gouvernement relance l’appel à l’apprentissage
  • Les petites entreprises gardent leurs aides

Le gouvernement remet l’apprentissage au premier plan alors que le chômage des jeunes est reparti à la hausse. Au deuxième trimestre, le taux de chômage des actifs de 15 à 24 ans a atteint 21,6 %, selon l’Insee, soit 0,4 point de plus sur trois mois et 2,5 points sur un an.

Dans ce contexte, la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, a demandé aux chefs d’entreprise de recruter davantage d’apprentis. Elle dit qu’il existe aujourd’hui des milliers de jeunes qui ont déjà trouvé leur formation, mais pas encore l’entreprise capable de les accueillir.

Le rebond du chômage remet la pression

L’exécutif veut éviter que la rentrée ne se traduise par un décrochage pour une partie des jeunes. Sabrina Roubache affirme que le chômage des jeunes n’est pas une fatalité et appelle les employeurs à « investir dans notre jeunesse ».

Le message vise à rassurer des entreprises qui hésitent parfois à s’engager. La ministre reconnaît leurs inquiétudes économiques, mais assure que les crédits dédiés à l’apprentissage ont été maintenus. Pour elle, cela doit donner de la stabilité et de la visibilité aux employeurs.

Des aides revues, mais pas de nouveau tour de vis

Sur les aides publiques, le gouvernement défend une ligne simple. Oui, certaines ont baissé. Mais cette réduction, selon Sabrina Roubache, n’a touché que les grandes entreprises.

Le montant passe désormais à environ 2.000 euros pour ces sociétés, contre environ 5.000 euros auparavant. Les plus petites entreprises, elles, n’ont pas été concernées par cette baisse. La ministre promet aussi qu’il n’y aura pas de coupe supplémentaire.

Elle assume en même temps une limite. L’aide publique permanente, dit-elle, ne peut pas durer sous cette forme. C’est un point important, parce qu’il fixe le cadre des prochains mois pour les employeurs comme pour les centres de formation.

Transport, internat, secteur public: les autres leviers annoncés

Le gouvernement ne mise pas seulement sur les primes. Il annonce aussi un leasing social pour permettre aux apprentis vivant en zone rurale d’accéder à des voitures sans permis. Des places en internat doivent aussi être ouvertes.

Autre sujet, le secteur public. Sabrina Roubache reconnaît que les apprentis y sont moins présents et estime que l’administration doit recruter davantage.

Un CNR consacré à l’attractivité de la voie professionnelle doit enfin être lancé en octobre. Autour de la table, il doit réunir les jeunes, les familles, les professeurs, les syndicats et les chefs d’entreprise. En toile de fond, le besoin de main-d’œuvre reste massif. La ministre avance que plus de 400.000 postes ne sont pas pourvus aujourd’hui, et que 600.000 emplois supplémentaires devront être créés d’ici 2036 dans les services à la personne.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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