Le gouvernement annonce de nouvelles réductions budgétaires dans le soutien à l’embauche des apprentis

Face à la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, l’exécutif envisage de réduire une nouvelle fois le budget dédié au soutien à l’embauche d’apprentis, une mesure qui pourrait affecter l’attractivité de ce dispositif pour les entreprises.

Photo d'un bâtiment gouvernemental parisien avec des documents financiers sur un bureau.
Image d'illustration. Vue rapprochée bâtiment gouvernemental paris avec documents budgétaires — ADN

Tl;dr

  • Baisse des aides pour l’embauche d’apprentis en BTS et ingénieur.
  • Exceptions : handicap, maintien de l’aide à 6 000 euros.
  • Objectif : 200 millions d’économies attendues dès 2026.

Nouvelles orientations pour l’aide à l’apprentissage

Dans le sillage d’un succès croissant de l’apprentissage — plus d’un million d’apprentis recensés en 2023 contre seulement 430 000 en 2017 — le gouvernement revoit sa copie sur le soutien financier accordé aux entreprises.

Un projet de décret, dont une copie est parvenue à l’AFP, détaille les nouvelles modalités : le montant de l’aide à l’embauche d’un apprenti se voit réduit pour plusieurs catégories de diplômes.

Des réductions ciblées selon la taille de l’entreprise et le diplôme

Jusqu’à présent, la prime atteignait encore 5 000 euros pour les PME de moins de 250 salariés, tandis que les structures plus importantes percevaient seulement 2 000 euros. Désormais, la donne change :

  • 4 500 euros maximum seront versés pour les apprentis préparant un BTS ou un DUT dans les PME ;
  • 2 000 euros pour ceux visant un diplôme d’ingénieur, un master ou une licence ;
  • Côté grandes entreprises (250 salariés et plus), seules 750 euros seront attribués pour les diplômes du supérieur et jusqu’à 1 500 euros pour les BTS/DUT.

Mais un point fait exception : l’aide reste maintenue à 6 000 euros pour l’embauche d’apprentis en situation de handicap, quel que soit le diplôme ou la taille de la société. Une décision confirmée par le ministère du Travail.

Enjeux budgétaires et mise en application rapide

Ces coupes dans les dispositifs visent clairement des économies substantielles : près de 200 millions d’euros espérés dès 2026, voire 700 millions dès l’an prochain, selon les projections du ministère. Ce dispositif concerne uniquement la première année du contrat d’apprentissage signé avant le 1er janvier prochain.

La publication officielle du décret précédera son entrée en vigueur immédiate ; toutes les nouvelles signatures postérieures seront donc directement concernées par ces plafonds revus à la baisse.

L’apprentissage, moteur dynamique malgré tout ?

Reste à savoir si cette refonte modifiera la dynamique enclenchée ces dernières années. L’élargissement massif du dispositif vers l’enseignement supérieur et le secteur des services avait été favorisé, entre autres, par ces aides exceptionnelles. L’avenir dira si ce nouvel équilibre financier ralentira ou non cette croissance remarquable.

Jérôme Nelra

Spécialiste Politique

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