Tl;dr
- Augmentations générales remplacées par hausses individuelles au mérite.
- Seules 29 % des entreprises maintiendront les hausses collectives en 2026.
- La hausse médiane des salaires prévue : 3,1 % en France.
Un nouveau paysage pour les augmentations de salaires
L’horizon des augmentations salariales en France se redessine : en 2026, la hausse médiane attendue s’établira à 3,1 %. Pourtant, derrière ce chiffre global, un changement de paradigme est à l’œuvre. Désormais, les revalorisations collectives laissent place à une logique beaucoup plus individualisée : le fameux « mérite » prend le dessus.
Dans un contexte où la pression inflationniste s’estompe — l’inflation passant de 7,3 % en janvier 2023 à seulement 0,8 % en novembre 2025 selon la Banque de France —, les entreprises réajustent leur politique salariale. Il y a encore peu, les revalorisations étaient majoritairement générales et servaient d’amortisseur face à la flambée des prix. Ce mécanisme collectif ne semble plus faire consensus.
La montée en puissance des augmentations au mérite
À peine 29 % des entreprises envisagent encore des augmentations générales pour leurs équipes en 2026, contre 61 % un an plus tôt. Le cabinet WTW, qui a sondé plus de neuf cents sociétés présentes sur le territoire français, évoque une « individualisation quasi-systématique » de la rémunération.
Ce phénomène s’accentue avec l’approche d’une nouvelle directive européenne sur la transparence salariale. Celle-ci doit être transposée dans la législation française d’ici juin et pousse plusieurs groupes à anticiper d’éventuels rééquilibrages internes. Certaines entreprises cherchent ainsi à corriger rapidement les disparités entre salariés avant que cette régulation ne devienne contraignante.
L’évolution du salaire moyen et les disparités sectorielles
Le salaire net moyen dans le secteur privé s’élevait à environ 2 730 euros mensuels pour un temps plein en 2023, tandis que dans le public, il atteignait 2 530 euros. Sur près de trois décennies (1996–2023), cette moyenne a progressé de 13 %, inflation déduite. Fait marquant : malgré ces progressions, l’écart entre secteurs reste modeste – entre 3,0 % d’augmentation prévue dans les services ou transports et jusqu’à 3,2 % dans l’industrie ou la technologie.
Dorian Roucher (Insee) anticipe une relative prudence lors des négociations collectives à venir : « On peut anticiper que les entreprises soient assez peu généreuses pour l’année prochaine. »
Tendances européennes et perspectives françaises
À titre comparatif, la hausse médiane française demeure légèrement sous la moyenne européenne (3,2 %) ou celle observée en Allemagne (3,4 %) et aux États-Unis (3,5 %). Par ailleurs :
- Sociétés françaises indépendantes : +2 % prévues en 2026 (+2,2 % cette année)
- Secteurs phares : écart minime entre services/transports/distribution et industrie/technologies/médias/télécoms.
Face à ce nouveau cap donné par le marché du travail français, beaucoup s’interrogent : comment définir concrètement « le mérite » ? Une question qui promet d’alimenter débats et négociations dans les prochains mois.