Supermarché : ces légumes que la chaleur menace déjà en rayon

Chaleur et sécheresse fragilisent plusieurs cultures, des tomates aux pommes de terre. Pour l’instant, les rayons tiennent, mais les prix pourraient suivre.

Rayon légumes avec prix en supermarché
Image d'illustration. Les rayons tiennent malgré la sécheresse. — ADN

En bref

  • Tomates, salades et haricots sont surveillés
  • La sécheresse réduit déjà certains rendements
  • Les prix dépendent aussi des stocks

Les rayons tiennent, pour l’instant. Mais derrière cette impression de normalité, plusieurs cultures sont fragilisées par la chaleur et la sécheresse, avec un risque de hausse des prix dans les prochains mois pour des produits du quotidien comme les pommes de terre, les tomates, les salades ou les haricots.

Des rayons pleins, mais des cultures déjà sous tension

Dans les magasins, fruits et légumes restent largement disponibles. Pourtant, les professionnels surveillent de près l’état des productions. Les sols trop secs et les températures élevées compliquent le travail des maraîchers, au point de peser sur les volumes récoltés.

Si l’offre baisse alors que la demande ne bouge pas, l’équilibre devient plus fragile. C’est là que le prix peut commencer à grimper. Pas partout, pas d’un coup, mais sur certaines références plus exposées que d’autres.

Sécheresse et chaleur pèsent sur les rendements

Le premier problème, c’est l’eau. Quand la pluie manque durablement, les producteurs doivent davantage irriguer. Sauf que cette solution a ses limites quand la ressource elle-même est sous pression. Certains maraîchers sont alors amenés à privilégier les cultures les plus sensibles et à réduire les apports ailleurs.

La chaleur, elle, agit directement sur les plantes. Elle peut perturber la croissance, avancer certaines récoltes ou donner des légumes plus petits. Des rendements inférieurs aux attentes ont déjà été constatés. Et les prochains semis peuvent aussi en pâtir, ce qui déplace le problème au-delà de l’été.

Les tomates font partie des cultures les plus sensibles aux conditions hydriques et thermiques. Lors de fortes chaleurs, leur feuillage peut flétrir temporairement pour limiter les pertes d’eau.

Pommes de terre et approvisionnement, le vrai test pour les prix

Le cas des pommes de terre est suivi de près. En Belgique, les professionnels signalent des récoltes compliquées et des rendements faibles sur certaines pommes de terre précoces. Les variations observées selon les variétés et les périodes montrent à quel point la filière réagit vite aux conditions de production.

Mais le ticket final en supermarché ne dépend pas seulement de la récolte. Les stocks disponibles, les importations, les contrats passés entre acheteurs et producteurs, ou encore les coûts de transport peuvent changer la donne. Des distributeurs acceptent déjà des calibres différents pour maintenir l’approvisionnement.

Les enseignes peuvent aussi diversifier leurs fournisseurs et se tourner vers d’autres zones de production. Cela limite le risque de rupture, mais allonge parfois la logistique et peut renchérir la note. Pour les consommateurs, comparer les tarifs, profiter des promotions et viser les produits de saison reste la marge de manœuvre la plus simple. Les prochaines cultures, elles, seront surveillées d’aussi près que celles déjà en rayon.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

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