Patrick Pouyanné alerte : la France bientôt confrontée à une pénurie d’énergie ?

Patrick Pouyanné, dirigeant du groupe TotalEnergies, met en garde contre un risque imminent de manque d’énergie en France. Selon lui, le pays pourrait être confronté à une pénurie énergétique dans les deux ou trois prochains mois.

Ampoule vacillante dans une pièce sombre, symbolisant l'incertitude énergétique.
Image d'illustration. Gros plan d une ampoule vacillante dans une pièce faiblement éclairée — ADN

Tl;dr

  • Blocus du détroit d’Ormuz menace l’approvisionnement énergétique.
  • TotalEnergies perd 15 % de production au Moyen-Orient.
  • Plaidoyer pour résilience et alternatives au passage stratégique.

Ormuz sous tension : l’avertissement lancé par TotalEnergies

Alors que les projecteurs sont braqués sur le détroit d’Ormuz, principal couloir de transit pour près de 20 % du pétrole et du gaz mondial, la situation ne cesse de se tendre.

Vendredi 24 avril, à l’occasion de la World Policy Conference organisée à Chantilly par l’Institut français des relations internationales (Ifri), le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a dressé un constat alarmant sur les conséquences potentielles du blocus en cours.

Une navigation presque paralysée dans la région

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février, la circulation maritime dans cette zone stratégique se retrouve quasiment à l’arrêt. L’Iran impose un blocus strict, appuyé par la fermeture des ports iraniens décidée par le président américain Donald Trump.

Seuls quelques navires, essentiellement sous pavillon iranien, parviennent encore à franchir ce goulot d’étranglement. La dépendance mondiale à ce passage devient criante – il s’agit tout simplement d’un cinquième des flux énergétiques planétaires qui se trouvent ainsi menacés.

Conséquences immédiates et incertitudes à venir

« La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a expliqué le dirigeant. Déjà, son groupe a dû composer avec une perte de production significative : « Nous avons perdu 15 % de (notre) production au Moyen-Orient », reconnaît-il, non sans inquiétude quant à l’évolution des prochains mois.

Dans ce contexte tendu, trois grandes priorités se dessinent selon lui :

Plaider pour plus de résilience face aux crises énergétiques

Pour Patrick Pouyanné, il devient essentiel d’investir non seulement dans la capacité d’extraction mais aussi dans la solidité des réseaux. Le responsable regrette même un certain retard sur ce terrain : « Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système .» L’appel est clair : réduire autant que possible une dépendance jugée aujourd’hui trop risquée vis-à-vis d’un pétrole « très bon marché » mais difficilement remplaçable sur le court terme.

Derrière cet avertissement, c’est toute la fragilité structurelle du marché énergétique mondial qui se trouve une nouvelle fois mise en lumière.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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