Le taux de chômage poursuit sa progression dans l’Hexagone, touchant particulièrement les jeunes générations. Cette hausse persistante inquiète les acteurs économiques et sociaux, qui observent une situation de plus en plus préoccupante pour l’insertion professionnelle des moins de 25 ans.
Tl;dr
- Chômage en hausse à 7,9 % fin 2025.
- Forte progression chez les jeunes, record depuis 2021.
- Promesse de plein-emploi encore lointaine.
Un chômage en progression marquée chez les jeunes
Le dernier bilan de l’Insee souligne une réalité préoccupante : le taux de chômage en France (hors Mayotte) atteint désormais 7,9 % au quatrième trimestre 2025. Un niveau inédit depuis le troisième trimestre 2021, loin de passer inaperçu. Derrière ce chiffre global se cache une dynamique inquiétante pour les jeunes générations. Les 15-24 ans sont particulièrement touchés avec une envolée de leur taux de chômage : +2,4 points sur trois mois, +2,8 points sur un an, pour culminer à 21,5 %. Chez les 15-29 ans, la tendance reste haussière, mais plus mesurée.
L’impact des réformes et des statistiques récentes
Parallèlement, le nombre d’inscrits auprès de France Travail, rendu public fin janvier, a progressé de 2,6 % sur un trimestre et même de 6,8 % sur un an. Toutefois, ces hausses doivent être relativisées : si l’on exclut l’effet des récentes réformes – comme l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA ou la modification du barème des sanctions qui a réduit les radiations – elles seraient ramenées à respectivement 2 % et 1,7 %. Autre indicateur scruté par les économistes : la part des « NEET », ces jeunes ni en emploi ni en formation ni en études, s’élève désormais à 12,9 %, soit +0,4 point.
Des catégories d’âge inégalement exposées
La situation n’est pas identique pour toutes les classes d’âge. Les actifs âgés de 25 à 49 ans voient leur taux de chômage légèrement baisser sur le trimestre (-0,2 point), pour s’établir à 6,9 %. Quant aux plus de cinquante ans, la stabilité prime. Globalement, selon la définition du Bureau international du travail, cela représente aujourd’hui quelque 2,5 millions de personnes recherchant activement un emploi en France – soit une augmentation notable (+56 000) depuis le précédent trimestre.
Plein-emploi : un objectif qui s’éloigne ?
À la lumière de ces chiffres que l’Insee qualifie certes d’élevés mais encore « nettement au-dessous » du pic enregistré mi-2015 (taux supérieur alors à celui actuel), le cap fixé par Emmanuel Macron semble se brouiller. Rappelons que le président avait fait du retour au plein-emploi, autour de 5 %, une promesse emblématique lors de sa campagne présidentielle en 2022. Malgré une croissance économique finalement meilleure qu’anticipée en 2025 et l’optimisme affiché par le gouvernement pour l’an prochain, cette ambition demeure aujourd’hui hors d’atteinte.