En bref
- Vincent Reynouard écope de huit mois ferme
- Rivarol et son directeur sont aussi condamnés
- Quatre associations recevront 1 500 euros chacune
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi Vincent Reynouard à huit mois de prison ferme pour contestation de crime contre l’humanité et pour injure antisémite. La décision vise des articles publiés dans Rivarol entre octobre 2024 et janvier 2025. Le directeur de publication, Jérôme Bourbon, a lui aussi été condamné.
Une peine ferme pour des textes publiés récemment
Dans ce dossier, les juges ont retenu que Vincent Reynouard avait nié l’existence des chambres à gaz nazies dans plusieurs textes parus dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol. Déjà condamné à dix reprises entre 2006 et 2025, essentiellement pour des faits liés à la contestation de crimes contre l’humanité, il a de nouveau été reconnu coupable de cette infraction.
Le point central de l’affaire tient au contenu même de ces articles. Le tribunal a estimé qu’en niant les chambres à gaz, l’auteur remettait en cause l’existence de la Shoah à travers l’un de ses principaux modes d’extermination.
Ce que les juges ont retenu contre lui
Les textes poursuivis présentaient les chambres à gaz comme une invention ou comme une impossibilité technique. Les juges ont considéré que cette thèse relevait bien du négationnisme.
Autre volet, l’injure antisémite. Dans les mêmes écrits, Vincent Reynouard visait les juifs avec des formules assimilant ce groupe à une source d’infection. Le tribunal a relevé une essentialisation outrageante des personnes juives, ce qui a justifié une seconde déclaration de culpabilité.
Pourquoi la peine n’a pas été aménagée
La peine prononcée contre Vincent Reynouard ne sera pas aménagée à ce stade. Le tribunal a expliqué qu’il ne pouvait pas le faire, l’intéressé ne disposant pas d’un logement personnel.
Il est en effet hébergé par Jérôme Bourbon. Cet élément, très concret, a pesé sur les modalités d’exécution de la sanction.
Le directeur de Rivarol et les parties civiles aussi dans le dossier
En tant que directeur de la publication de Rivarol, vendu chaque semaine à 1 300 exemplaires, Jérôme Bourbon a été condamné à six mois de prison aménagés sous la forme d’une détention électronique à domicile. Son casier judiciaire compte, lui, 22 mentions.
Les deux condamnés devront aussi verser solidairement 1 500 euros à chacune des parties civiles. Sont concernées l’Observatoire juif de France, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme et l’Organisation juive européenne.