Lundi de Pâques : quelle est l’origine de ce jour férié en France ?

Le lundi de Pâques marque chaque année un jour férié en France, offrant une pause après les célébrations pascales. Mais la raison de ce jour chômé, ancrée dans l’histoire religieuse et culturelle du pays, mérite d’être expliquée.

Salon cozy avec des lumières féeriques et une ambiance chaleureuse
Image d'illustration. Salon chaleureux avec décor féerique — ADN

Tl;dr

  • Le lundi de Pâques est un jour férié en France.
  • Cela remonte à une ancienne tradition religieuse chrétienne.
  • Napoléon a réduit le nombre de jours fériés en 1802.

Un jour férié pas comme les autres

Difficile de cacher la satisfaction : ce lundi 6 avril 2026, beaucoup profitent d’une pause bienvenue, loin des salles de classe et des bureaux. Pourtant, ce n’est pas le dimanche de Pâques qui est chômé, mais bien son lendemain.

Un paradoxe apparent, tant la fête chrétienne a lieu la veille, mais dont l’explication plonge ses racines dans l’histoire et les traditions religieuses.

Des origines ancrées dans la tradition chrétienne

Pâques demeure une date centrale pour les chrétiens. Elle symbolise avant tout la résurrection de Jésus-Christ, événement fondateur du christianisme, et marque aussi la fin du Carême – cette période de quarante jours d’abstinence et de réflexion spirituelle.

La semaine précédant Pâques, désignée comme la Semaine sainte, commémore pas à pas les derniers moments du Christ : « jeudi, son dernier repas ; vendredi, sa mort ; dimanche, sa résurrection ». Ces jours étaient déjà l’occasion de célébrations intenses et, souvent, de baptêmes.

L’empreinte d’un passé oublié : l’octave de Pâques

Remontons quelques siècles en arrière. Sous l’impulsion de Constantin Iᵉʳ, empereur romain converti au christianisme, la semaine qui suivait Pâques – appelée « octave » – était entièrement chômée. Les fidèles nouvellement baptisés pouvaient alors se consacrer pleinement à leur foi ou entreprendre un pèlerinage vers Rome. Ce legs historique explique pourquoi le lundi suivant restait, plus tard encore, un jour non travaillé.

L’octave permettait aux nouveaux baptisés d’approfondir leur engagement religieux.

L’intervention décisive de Napoléon et la naissance du jour férié moderne

Changement radical au début du XIXᵉ siècle : après la signature du Concordat en 1801 puis sous l’impulsion de Napoléon Bonaparte, le nombre impressionnant de jours fériés (près d’une cinquantaine) fut drastiquement réduit. Le lundi suivant le dimanche de Pâques resta cependant inscrit dans le Code du travail français – au même titre que Noël ou le 8 mai – devenant ainsi l’un des rares héritages persistants d’une tradition religieuse séculaire adaptée à notre calendrier républicain.

Au fil des siècles et malgré quelques aménagements imposés par les pouvoirs politiques, ce lundi continue donc d’offrir aux Français une parenthèse bienvenue chaque printemps.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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