En bref
- Les femmes gagnaient 28% de moins en 2010
- L’écart baisse, sans disparaître
- Le 8 mars relance aussi la question des violences
28%. C’est l’écart de revenus mesuré en 2010 entre les femmes et les hommes par l’Insee. Dit autrement, les femmes ont touché cette année-là un salaire net annuel de 15 600 euros, loin du niveau observé chez les hommes.
Un écart net, même s’il se réduit un peu
Le chiffre frappe, mais il bouge aussi. L’Insee note que cet écart a reculé de 4 points par rapport à 2008. La baisse reste limitée, quand même, mais elle existe.
L’institut avance deux explications. D’un côté, les femmes sont plus nombreuses à être diplômées. De l’autre, la crise économique a davantage touché des secteurs où les hommes sont très présents. Résultat, l’écart se resserre un peu. Dans le secteur public, en revanche, il reste stable.
Chez les cadres, les responsabilités pèsent encore
L’écart ne s’arrête pas aux revenus moyens. Une étude de l’APEC sur les cadres montre qu’un homme perçoit 57 300 euros par an, contre 47 500 euros pour une femme. Ici, la différence atteint 20,6%.
Pour l’APEC, cette situation s’explique notamment par les postes occupés, l’âge ou encore le niveau de responsabilités. Les femmes cadres sont déjà moins nombreuses que les hommes. Du coup, la comparaison ne porte pas seulement sur le salaire, mais aussi sur la place occupée dans l’entreprise.
Au-delà des salaires, les mêmes constats reviennent
Ces écarts se lisent aussi ailleurs. À la télévision, les femmes sont bien présentes, mais pas toujours aux mêmes postes que les hommes. Les journaux télévisés sont plus souvent présentés par des hommes, tandis que les femmes se retrouvent davantage à la tête d’émissions liées aux potins, à la cuisine ou aux bons plans.
Un nom ressort dans ce paysage, celui d’Audrey Pulvar. Âgée de 41 ans, elle a été très médiatisée ces derniers mois, notamment sur Twitter et sur Internet.
Mais le 8 mars ne renvoie pas seulement aux revenus et aux postes. Cette journée sert aussi à rappeler les violences faites aux femmes. Des associations se mobilisent alors pour sensibiliser les internautes et les téléspectateurs à cette réalité.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi parle-t-on surtout des salaires le 8 mars ?
Parce que cette date remet régulièrement en avant les écarts entre femmes et hommes. Les revenus donnent un indicateur concret, facile à comparer, et ils résument souvent des différences plus larges de carrière, de poste ou de responsabilités.
Que signifie un salaire net annuel ?
Il s’agit de la somme touchée sur une année après déduction des cotisations. C’est donc l’argent réellement perçu, et non le montant brut affiché avant prélèvements.
Pourquoi l’écart baisse-t-il selon l’Insee ?
L’Insee relie ce recul à deux éléments cités dans son enquête, une progression du nombre de femmes diplômées et l’impact de la crise sur des secteurs où les hommes étaient très présents.
Les cadres sont-ils moins concernés par ces écarts ?
Non. Les revenus y sont plus élevés, mais l’étude de l’APEC montre qu’un écart existe encore. Il est relié aux fonctions exercées, à l’âge et aux responsabilités confiées.
Pourquoi la question des violences apparaît-elle aussi dans cette journée ?
Parce que le 8 mars ne traite pas uniquement du travail. C’est aussi un moment de sensibilisation plus large sur les difficultés vécues par les femmes, dont les violences font partie.