En bref
- Le caporal s’est évadé le 3 septembre
- Il a fui quatre jours dans les Andes
- Son enlèvement remontait au 6 août
Les autorités colombiennes ont précisé comment José Olger Melo Charry, caporal colombien de la Légion étrangère française, a réussi à s’échapper après un mois de captivité. Le militaire, enlevé début août dans le sud-ouest de la Colombie, a pris la fuite le 3 septembre et a rejoint un commissariat quatre jours plus tard, après une traversée à pied des Andes.
L’affaire compte parce qu’elle éclaire à la fois les conditions de sa détention et l’emprise persistante des groupes armés dans le département de Nariño, une zone marquée par le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale.
Une fuite déclenchée en quelques secondes
D’après une source militaire de haut rang, le soldat a demandé à être conduit à l’écart pour faire ses besoins. Une fois seul avec son gardien, il l’a maîtrisé alors qu’il avait toujours les mains entravées, puis s’est emparé de son fusil.
La suite est plus brutale encore. Toujours ligoté, José Olger Melo Charry a sauté dans une rivière pour décrocher ses ravisseurs. Il est ensuite parvenu à se libérer de ses liens. La même source ajoute qu’il était considéré par les guérilleros comme un otage de valeur et qu’il est resté, pendant l’essentiel de sa captivité, pieds et mains attachés.
Quatre jours seul dans les Andes
Après cette échappée, le caporal a marché pendant quatre jours dans une région montagneuse où opèrent plusieurs groupes armés. Selon son récit à l’armée colombienne, chaque passage de moto le poussait à se cacher derrière des rochers ou à grimper dans les arbres.
Il a aussi pris un repas chez un paysan, tout en redoutant d’être dénoncé. Durant sa fuite, il a réussi à joindre sa famille par téléphone. Celle-ci a alors averti les forces de l’ordre qu’il s’était évadé et qu’il avançait dans les montagnes. Dimanche, il a fini par atteindre un commissariat de police.
Un enlèvement dans une zone sous tension
Le militaire avait été enlevé le 6 août alors qu’il circulait sur une route de Nariño, dans le sud-ouest du pays. Il se trouvait en permission, de retour en Colombie pour des vacances. Les ravisseurs appartiennent à un groupe dissident des ex-Farc, implanté dans un secteur connu pour la cocaïne et d’autres économies illégales.
Lundi, l’armée colombienne avait déjà confirmé son périple de quatre jours, sans détailler les circonstances de l’évasion. Les autorités ont aussi indiqué qu’aucune rançon n’avait été réclamée. Du côté français, le ministère des Armées précise que ce déplacement en Colombie n’avait pas été autorisé. C’est un point de contexte, et il pèsera sans doute dans la suite administrative du dossier.